UNE MONNAIE LOCALE DANS LE PILAT

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Le projet trottait dans plusieurs têtes depuis quelques années aussi bien à Bourg-Argental qu’à Pélussin. Dans le Pilat, quelques personnes (1) ont décidé de se pencher sur la question d’une monnaie locale complémentaire (MLC) pour le territoire.
Ce qui se passe aujourd’hui dans le Pilat :
C’est sous l’égide de l’association PELUSSEL qu’est organisé un ciné-débat le 7 octobre à Pélussin. Il réunit plus d’une soixantaine de personnes venues de tout le territoire autour de Marie Baudin, cofondatrice de la Luciole (la monnaie locale en sud Ardèche), de Philippe Pupier et Joël Marty, porteurs du LIEN (MLC de Saint-Etienne), de Bruno Douay, initiateur de l’Edit (MLC en Pays Roussillonnais) et de Bertrand Lordon, Professeur d’économie à Saint-Etienne.
Lors de la deuxième rencontre, organisée mardi 1er décembre à Saint-Julien-Molin-Molette, plus de vingt personnes ont répondu positivement à l’invitation à approfondir cette question.
Un groupe de travail est constitué
Les discussions ont été très riches et ont permis de dégager de nombreux point de consensus sur des envies et des objectifs communs.
Il a été décidé de créer un blogue, d’organiser de nouvelles rencontres ciné-débat sur tout le territoire.
Afin de poursuivre la formalisation du projet, les participants ont décidé de se transformer en un groupe de travail.
Plusieurs réunions sont programmées dans le courant du premier trimestre 2016 auxquelles toute personne intéressée est la bienvenue.
Une monnaie locale complémentaire, c’est quoi ?
C’est un moyen d’échange, contre des biens ou des services, entre des utilisateurs d’un réseau qui peuvent être des particuliers et des professionnels (commerçants, artisans, agriculteurs, associations, entreprises, professions libérales…). Une monnaie locale ne peut être utilisée que sur un territoire restreint et qu’entre membres du réseau.
La monnaie est mise en place par une association qui en assure la gestion. Elle peut prendre la forme de coupons-billets ou être électronique sur carte.
Les adhérents échangent des euros contre de la monnaie locale. Le plus souvent, une unité de monnaie locale vaut un euro.
La monnaie locale n’a pas vocation à se substituer à l’euro, mais à circuler en complément à la monnaie officielle.
Cette monnaie circule à une vitesse bien plus rapide que celle de l’euro et elle permet d’augmenter le volume des achats et des ventes sur le territoire.
Les euros échangés contre la monnaie locale sont déposés dans un compte bloqué chez un partenaire financier. Ces fonds peuvent ainsi servir à financer des projets locaux !
Quel est l’intérêt d’un tel projet ?
C’est le territoire, avec ses propres besoins, qui crée l’utilité de sa monnaie !
Si toutes les monnaies locales ont pour objet de favoriser les échanges locaux et dynamiser un territoire tout en permettant d’avoir une consommation responsable, certaines monnaies locales favorisent les produits éthiques et intègrent une démarche solidaire.
Par ailleurs, la monnaie locale reste sur le territoire. Ainsi, chacun sait où va l’argent déboursé pour un produit ou un service. Il faut savoir que 97 % des flux monétaires mondiaux sont utilisés pour la spéculation alors que la monnaie locale favorise la création de lien social en développant un système d’échange commun.
Pourquoi pas chez nous ?
Avec la création d’une monnaie locale, les initiateurs du projet souhaitent apporter leur contribution aux multiples dynamiques déjà en œuvre sur le territoire en finance solidaire (Cigales/Terres de Liens...), dans les circuits courts (AMAP, magasin de producteurs, vente directe), énergies renouvelables (Ailes de Taillard, Centrale Villageoise…),... è
(1) M. Charroin, C. Bacher, C. Bozonnet, B. Demeure, J. Soyer et J-P. Vuaillat.
monnaielocalepilat.wordpress.com

 

 Paroles d’expert

Si le principal objectif est de dynamiser l’économie locale, toutes portent des valeurs qui visent à promouvoir une consommation responsable facteur de changement social, ainsi que l’explique Jérôme Blanc, enseignant-chercheur à l’université Lyon 2, et spécialiste des monnaies locales :
« Le but d’une monnaie complémentaire est avant tout de sensibiliser à des valeurs par le biais d’un outil d’échange que tout le monde utilise : la monnaie. Il s’agit de déclencher une prise de conscience de l’importance des échanges locaux, promouvoir une certaine éthique. Je crois surtout qu’il peut y avoir un impact en termes de transformation des valeurs et des habitudes ».
Pour Jérôme Blanc si l’impact d’une monnaie locale est limité, vu l’ampleur du territoire concerné, il n’en reste pas moins que l’« impact économique positif demeure, car il y a un accroissement des échanges, un dynamisme favorable à l’emploi » nuance-t-il aujourd’hui.

 

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