PARTIR À LA RETRAITE

retraite

Jean-Paul a toujours vécu ici, ses parents faisaient du beurre et du fromage. C’est son grand-père qui a acheté la ferme et les terrains sur les hauteurs de Colombier. Jean-Paul a vu plus de 60 printemps fleurir ses prairies. D’un seul tenant, ses terres sont très légèrement en pente, un arc de cercle que baigne le soleil. Deux sources irriguent les surfaces : « Elles coulaient encore lors de la sécheresse de 2005 », se souvient-il. Là-haut, le petit plateau pour les cultures ; en contrebas, la ferme où, avec Chantal, ils élèvent des chèvres dont le lait est vendu à la fromagerie Guilloteau de Pélussin.
Chantal sera à la retraite dans 4 ans. Jean-Paul l’est déjà. Sauf que... dans les faits, le métier s’exerce en couple, tant que les deux ne sont pas à la retraite, tout le monde est au travail. Avec son large sourire, Jean-Paul confie : « Ce sont de belles terres : prairies, cultures, maraîchages... je ne me fais pas de souci elles trouveront un heureux preneur. La maison, la ferme, la laiterie... Il va falloir étudier les propositions. C’est vrai que ce n’est pas simple et que souvent pour les agriculteurs, partir à la retraite c’est déménager. Cela donne à réfléchir pour l’avenir de l’exploitation et on est prêt à étudier toute proposition d’installation  ».

Sur les hauteurs de Condrieu, Patricia et Christian font aussi de l’élevage de chèvres. Ils produisent des fromages qu’ils vendent sur les marchés et du lait pour la fromagerie de Pélussin. Pour Christian, la retraite, c’est dans 6 ans.
« La petite agriculture, c’est fini. Regardez, maintenant les gens ils sont à 35 heures, ils ont droit à des arrêts maladie, ils ont droit aux vacances. Nous, on a une retraite à 600 euros, on n’a pas le droit d’être malade, on n’a pas le droit aux vacances. On vit comme en 1900, non ? Arrivé à la fin, je regrette un peu, oui... J’ai vraiment l’impression que l’on est très mal considéré ». Une vingtaine de vaches et une centaine de chèvres, le travail ne manque pas. Le couple est encore un peu aidé par le fils, mais ce dernier ne veut pas reprendre la  ferme : « Je n’ai pas envie de vivre comme cela. À eux deux, mes parents auront moins de 1 000 euros de retraite, et je ne suis pas souvent parti en vacances... Mon avenir, c’est dans les travaux publics ».
Christian justifie le choix de son fils par un constat : « Il n’ y a plus de petits agriculteurs dans le coin. Quand mon voisin s’est arrêté, personne n’a repris l’exploitation. Là, à côté, c’est pareil. Il a un fils qui travaille à l’extérieur. Il travaille un peu sa terre, mais en dilettante. Cela se vide. On est nombreux à approcher les 60 ans... à y penser. Les terrains se divisent : deux hectares à l’un, deux à l’autre. D’un côté des agriculteurs qui grossissent, de l’autre, des particuliers qui installent leurs chevaux. Des emplois et des savoir-faire qui disparaissent. Et moi, si je veux ma retraite complète, il faut que j’aille jusqu’à 67 ans : je vais finir à quatre pattes. On ne peut pas garder notre ferme. Il faudra vendre ou louer. Louer, on ne gagne pas grand-chose, et vendre c’est pas simple... Ma terre, ma ferme, je ne sais pas...»

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