À NOUS, PAYSANS, DE LAISSER UNE TERRE PROPRE ET NOURRICIÈRE

 

terrepropreSylviane, Raymond et Emmanuel Pitiot gèrent le GAEC de la Revolanche à Saint-Paul-en-Jarez. Producteurs de vaches laitières, mais aussi de blés anciens qui sont panifiés sur place et vendus via les AMAP, ils ont fait le choix de l’agriculture biologique.
La Pie : Pourquoi avez-vous décidé un jour de vendre du pain dans les AMAP ?
Le GAEC : À l’origine, nous étions producteurs de lait, mais lorsque nous avons arrêté notre tournée c’était devenu contraignant de descendre en ville uniquement pour récupérer du pain. Donc nous avons commencé à fabriquer le pain pour notre consommation familiale.
Puis les AMAP sont nées, le concept de vendre sur commande nous plaisait : nous n’avons pas à gérer les invendus comme cela est le cas dans un commerce traditionnel. Après avoir auto-construit notre four à pain, nous étions prêts. Nous avons commencé en 2006 à livrer une AMAP, nous en livrons actuellement quatre.
D’où est venue l’idée de travailler avec des céréales anciennes ?
Dans le cadre de notre exploitation de vaches laitières en bio, nous recherchions un maximum d’autonomie. Chaque année il nous manquait de la paille. Nous avons recherché, par le biais d’échanges de semences paysannes, des blés anciens produisant une paille plus importante que les blés traditionnels.
Nous avons commencé avec des variétés qui existaient localement, comme le ‘gros bleu’ et le ‘rouge du roc’, puis le ‘rouge de bordeaux’ et le « Soissons ».
Lors d’une rencontre organisée en 2006 par l’ADDEAR (1), nous avons aussi décidé, toujours dans un objectif d’autonomie, de planter du maïs ‘population’.
Dans un premier temps, nous l’avons mélangé au maïs hybride, mais comme les ‘population’ étaient magnifiques. Même si ça ne s’est pas fait tout seul (essais, analyses, recherches, échanges avec le collectif de l’ADDEAR…), on a poursuivi dans ce sens. Sur l’exploitation, il n’y a plus que du maïs ‘population’.
L’un des avantages avec ces céréales anciennes, c’est qu’on récupère les semences pour les années suivantes, ce qui représente une économie significative par rapport aux hybrides qui nous rendent totalement dépendants des semenciers.  
Pourquoi avoir pris l’option du bio ?
En 2006, quand nous avons démarré la vente du pain, nous étions en agriculture conventionnelle.
En 2009, la crise laitière nous a fait prendre conscience que le système conventionnel était à bout. On était proche du bio, mais pas encore bio.
Au départ, ce n’était pas gagné ! L’analyse qui avait été faite laissait apparaitre que nous n’étions pas suffisamment autonomes sur l’exploitation. Mais nous, nous étions convaincus, ça correspondait à notre façon de voir les choses. Nous avions reçu une certaine éducation : se nourrir sainement en faisait partie. Aujourd’hui, paysans, à nous de la mettre en pratique, de la partager et surtout de penser à laisser une terre propre et nourricière.
Il fallait donc se débrouiller pour être plus autonome, les blés anciens et le maïs population allaient dans ce sens.
En 2013, un voisin nous a proposé l’exploitation de ses terres, ce qui a représenté une augmentation d’environ 20 % de la surface disponible pour notre exploitation. Une aubaine ! Cela allait dans le sens d’une plus grande autonomie pour nourrir nos 45 vaches laitières et la trentaine de génisses pour le renouvellement du troupeau.
Nous profitons aussi d’estives : de mai à octobre, une quinzaine de nos génisses sont du côté de Salvaris, sur un territoire appartenant partiellement au Conseil général.
L’agriculture en bio n’est pas figée. C’est aussi ce qui en fait son intérêt. C’est une démarche qui évolue et se perfectionne d’année en année. Il y a toujours des nouveautés à tester, analyser, améliorer, ou des vieilles pratiques à remettre au goût du jour. Par exemple, l’année dernière nous avons planté des haies avec des arbres et arbustes permettant d’abriter et nourrir la faune sauvage (vers de terre et micro-organismes, insectes, oiseaux, chauve-souris…).
(1) Association Départementale pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural.

Commentaires   

0 #1 Suzon Odouard 08-01-2016 22:24
Bravo, je suis totalement d'accord, se nourrir sainement comme nos parents l'ont fait; c'est bien et bon. Au plaisir de vous voir; SUZON.
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