LE MOINEAU FRIQUET EN VOIE DE DISPARITION

moineauLes Anglais viennent de publier la courbe des populations britanniques du moineau friquet. Un oiseau si commun, il y a un demi-siècle, qu’on ne faisait même plus attention à lui à la campagne et dans les villages...
Il y a quelques années, j’ai initié, via Internet, une enquête sur la situation de ce passereau en Rhône-Alpes. Les retours ont été éloquents : cet oiseau, jadis si présent, est devenu partout une rareté ou a totalement disparu. Sans même qu’on s’en aperçoive ! La chute, sans bruit, en pente douce ; le basculement anonyme vers le néant, alors que les regards étaient tournés vers des espèces plus emblématiques...
Hier, je suis allé dans la lande à genêts et bruyères de mes 16 ans, près de Sainte-Croix-en-Jarez (massif du Pilat), sur une pente si forte qu’elle est impropre à l’agriculture. Le milieu n’a pas changé mais il n’y a presque plus aucun piaf ! J’ai commis l’erreur de remettre le nez dans mes carnets de terrain de l’époque (début de la décennie 70). En juin, j’observais à cet emplacement précis jusqu’à 35 espèces d’oiseaux dans la matinée : bruants, linottes, huppes, cailles, nichaient en abondance, et encore la tourterelle des bois, la pie-grièche écorcheur, la locustelle tachetée, le pipit des arbres, la fauvette orphée constituaient l’environnement visuel et sonore du site... Hier, j’y ai détecté 9 espèces ; et encore, en très petits effectifs. Pas un bruant, plus une linotte ! La préfiguration du vide animal se profile à une vitesse vertigineuse...
Autour de « ma » lande, des petits champs de céréales existent toujours, ainsi que quelques parcelles pâturées par des vaches et moutons. Mais dans l’intervalle, la chimie est passée par là. La chasse aux « mauvaises herbes » et aux insectes (dans les parties cultivées) et les vermifuges (administrés au bétail) ont rompu les chaînes alimentaires. Les oiseaux de la lande, en venant se nourrir en périphérie, se sont empoisonnés peu à peu ; ils ont eu moins de poussins ; le renouvellement des générations n’a plus suivi ; l’érosion des populations a finalement débouché sur leur disparition définitive. Sans même parler des facteurs négatifs rencontrés par les oiseaux au cours de leurs migrations, loin de cette lande pentue où ils revenaient fidèlement nicher...
Ce qui s’est passé chez nous après-guerre a déjà commencé en Europe centrale. Ne parlons pas de la Chine, du Brésil et d’ailleurs : la catastrophe écologique est planétaire... La messe est dite : on va laisser derrière nous un désert abiotique...
Yves Thonnerieux

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

rapport eolienneRapport d'enquête publique
Projet de parc éolien des Ailes de Taillard
sur les communes de
Burdignes et Saint-Sauveur-en-Rue
C'est ici ! (pdf)

Des TAP à Chuyer pour s'initier à la réalisation de film d'animation
On voit tout sur télé d'ici !

Conférence articulée : La gouvernance participative
On voit tout sur télé d'ici !

LIGHT PAINTING