NOUVELLE EXTENSION DE LA CARRIÈRE DE SAINT JULIEN ?
La société Delmonico-Dorel, qui exploite la carrière de granite de Saint-Julien-Molin-Molette, vient d’adresser une lettre au Conseil municipal. Cette lettre, datée du 10 septembre 2014, demande de tenir compte des projets d’avenir de l’entreprise lors de la mise en place très prochaine du Plan Local d’Urbanisme. Le PLU doit définir les lignes directrices du développement de notre village dans un souci d’intérêt général.
Quels sont les arguments du carrier ?
Le carrier déclare entre autres que l’exploitation de la carrière de Saint-Julien est indispensable pour son entreprise à caractère familial, que c’est la seule carrière de roches dures permettant de satisfaire les besoins du marché local dans un contexte d’approvisionnement fortement déficitaire pour l’arrondissement de Saint-Étienne, que les lourds investissements consentis en 2007 ne seront pas rentabilisés à l’horizon 2020 et que 24 emplois sont menacés.
L’industriel souhaite en conséquence une autorisation durable d’exploitation de 500 000 tonnes par an, pour 30 ans, et propose de s’associer aux collectivités locales pour réaliser une déviation qui éviterait la traversée du village par ses camions, sur la base d’une étude déjà réalisée.
Que répondons-nous ?
carriereLa SA Delmonico-Dorel, c’est en réalité un groupe industriel du BTP composé de 11 sociétés, employant 188 salariés pour 58 millions d’euros de chiffre d’affaires et 60 % de croissance entre 2005 et 2013.
Ce n’est pas la seule carrière de roches dures dans le Sud-Loire et elle est mal située pour approvisionner la région stéphanoise. En effet, la liaison entre Saint-Julien-Molin-Molette et Saint-Étienne passe par les sommets du massif du Pilat, « barrière naturelle » qui freine fortement le transport de matériaux lourds. Une bonne partie des matériaux part en réalité vers l’Isère, la Drôme et l’Ardèche, sans compter les péniches au dépôt de Sablons qui s’en vont beaucoup plus loin.
Prétendre que des investissements de 2007 ne seraient pas rentabilisés en 2020 n’est pas crédible.
L’autorisation actuelle d’exploitation de 15 ans est prévue pour que l’industriel puisse amortir des investissements engagés depuis 2005. Sauf s’il a parié sur une nouvelle extension et a surdimensionné ses investissements dès cette date.
24 emplois menacés ? En réalité, 5 à 9 personnes travaillent (selon les périodes) à l’extraction sur le site de la carrière, 3 habitants de Saint-Julien et 2 de Colombier.
Tous les autres salariés sont des chauffeurs des camions de la branche transport du groupe ou sont employés au siège social ou sur sa base de stockage.
Une autorisation d’exploitation de 500 000 tonnes par an, pour 30 ans, quelles conséquences pour notre village ?
L’autorisation d’exploitation actuelle est de 150 000 tonnes par an. La demande de 500 000 tonnes annuelles est donc plus de trois fois supérieure. Cela signifie une installation industrielle, un trafic de camions et toutes les nuisances actuelles, déjà difficilement supportables, multipliés d’autant et promis indéfiniment à nos enfants et petits-enfants.
L’entreprise s’associerait aux collectivités locales pour réaliser une déviation qui éviterait la traversée du village ? Outre un coût insupportable pour des petites communes rurales, ce serait une procédure longue de plusieurs années : il faut d’abord une déclaration d’utilité publique et aussi prévoir des expropriations. Et en attendant, quelle vie pour les habitants ? Et que dire des impacts sur le paysage du Parc, sur les terrains agricoles traversés par la nouvelle voie et les nuisances pour d’autres riverains ?
Pourquoi vouloir modifier le zonage dès 2015, dans le PLU en cours d’étude ?
L’autorisation préfectorale d’exploitation actuelle court jusqu’en 2020. Si l’industriel fait sa demande aujourd’hui, c’est sans doute qu’il veut passer à l’échelle supérieure sans attendre et faire l’économie de la remise en état des zones déjà exploitées à laquelle il s’était engagé en 2005.
è La dévalorisation du patrimoine des habitants : pour l’industriel, la carrière de Saint-Julien est « un jackpot » qui explique la demande aussi importante de 500 000 tonnes sur 30 ans. Son enrichissement se fera par l’appauvrissement du patrimoine des habitants de Saint-Julien dont les biens immobiliers ne vaudront dorénavant qu’une bouchée de pain. Qui veut vivre aux abords d’une zone industrielle, dans un paysage dévasté traversé chaque jour par des centaines de camions ? Quelles contreparties reçoit la collectivité pour toutes les nuisances subies, alors que l’essentiel des impôts payés par ce groupe industriel n’est pas perçu par la commune ?
Et du côté des pouvoirs publics ?
La Préfecture a toujours été favorable à cette exploitation. Responsable des contrôles de nuisances, elle les réalise toujours en concertation avec l’industriel et qualifie d’allégations les plaintes que les riverains parviennent parfois à lui transmettre.
La nouvelle charte du Parc du Pilat, supervisée et ratifiée par le Préfet, ne permet plus de faire obstacle aux extensions ou créations de carrières sur le territoire du Parc.
La Communauté de Communes, qui perçoit et répartit les impôts et taxes de l’entreprise, n’est pas véritablement consultée, tout juste tenue informée des projets routiers.
Le Conseil Général, dont le président est le représentant du canton, se tait…
Bref, le sort de Saint-Julien-Molin-Molette n’intéresse personne, sauf ses habitants. C’est à eux seuls de se défendre contre un industriel puissant qui pratique un lobbying très efficace auprès des pouvoirs publics. Combat inégal.

Collectif Tissons l’avenir
www.tissonslavenir.fr

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