Épargner des vies, des vies oubliées et indispensables:  celles du triton crêté, de l’engoulevent d’Europe, de l’agrion de Mercure  mais aussi du flûteau nageant (une plante, comme son nom ne le dit pas) de la gentiane pneumonanthe, … telle aura été notre première motivation pour aider à sauver le bocage nantais , il y a 5 ans environ quand par des naturalistes nous avons appris le projet d’aéroport dit de Notre Dame des Landes.

 

Quand le vent de la tourmente a soufflé fort sur ce projet en octobre 2012 – opération policière dite César – ,nous sommes partis pour Notre Dame des Landes. Et c’est la chaleur de l’accueil sur place, les inlassables explications de Michel, un des paysans concernés et opposants à la construction de cet aéroport  qui ont fait notre cette lutte.
Michel nous a montré les différents lieux détruits (sécurisés en langage officiel) par les forces d’intervention. Le plus émouvant étaient les fermes : bâtiments de pierres datant d’avant 1800 , pierres de granite apportées alors sur cette terre d’argile par des chars à boeufs. La veille de la destruction résidaient encore des paysans avec poules, canards et lapins. Il ne reste plus rien : sol boueux et nu parsemé de bouts de bois …
Mais de quoi s’agit-il exactement ?
C’est dans les années 60, que par le journal, les habitants apprennent qu’un aéroport sera construit sur leurs terres ou habitations : une vaste zone de bocage au nord de Nantes pour faire atterrir et décoller le Concorde. Depuis, la finalité ce cet aéroport a beaucoup évolué … avec des périodes où l’on croyait le projet abandonné. En 1974, la zone est décrétée zone à aménagement différée (ZAD) : le conseil général a droit de préemption sur les propriétés. Des maisons se sont retrouvées vides et des terres seraient devenues friches si certains paysans et nouveaux venus n’y avaient maintenu une activité agricole. En 2010,  le projet passe des mains du Conseil Général à la société AGO : aéroport du grand ouest dont la société Vinci a environ 85 % des parts, concession signée pour 65 ans.

Pourquoi s’opposer à cet aéroport ? Et pourquoi nous, ici dans le Pilat, si loin de Nantes ?
Nous pensons que la terre doit nourrir les hommes, c’est notre raison première.
Remplacer la terre par du béton pour y faire voler des avions gros producteurs de gaz à effet de serre nous semble une aberration à l’heure de la crise climatique. D’autant plus que Nantes a déjà un aéroport international au sud de la ville, aéroport qui n’est pas saturé et qui a même été primé pour ses nombreuses qualités !
La nature est pour le moment encore préservée dans le bocage de Notre Dame des Landes car le remembrement ne s’y est pas fait puisque ces terres devaient devenir un aéroport …  Or la nature,  les écosystèmes  ont mis des milliers d’années à s’installer sur Terre. Les détruire pour nous est sacrilège et les remplacer, ce dont il est question est impossible !
Ajoutons enfin que ce projet ne crée pas d’emplois puisqu’il détruit des emplois agricoles et leurs dérivés et qu’il déplace les emplois liés à l’aéronautique.
C’est principalement autour de ces ressentis  que s’est constitué le comité pélussinois de soutien  aux opposants à ce projet d’aéroport. La lutte contre cet aéroport est emblématique d’autres luttes, c’est aussi ce qui nous motive.
Nous voyons aussi dans le Pilat la nature et les terres agricoles se réduire, la vallée du Rhône se couvrir de zones commerciales ou industrielles, monde dépassé à l’heure de la pauvreté qui s’installe, de la raréfaction des ressources terrestres et de la crise climatique, à l’heure de la relocalisation de nos productions.
Nous rêvons.
Nous croyons aussi que si nous sommes nombreux à dire non à certains projets et à dire oui à d’autres moins destructeurs et proches de notre quotidien, alors un autre monde sera possible ».

Annick
pour le comité de soutien de Pélussin à NDDL
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