"On sait qu’il y a 40% des produits phytosanitaires qui se retrouvent  dans l’eau et qui proviennent des particuliers. Si nous voulons sensibiliser ces particuliers, il faut que la collectivité soit irréprochable. Sinon, ce n’est pas la peine !"
Planfoy

Le conseiller municipal  de Planfoy, Ivan Berard, a  les yeux qui brillent lorsqu’il parle de l’action de sa commune en matière d’environnement :

 « L’extinction de l’éclairage municipal la nuit, c’est  40 % d’économie de la consommation électrique et, en parallèle, cela contribue à protéger la vie animale nocturne.  Le fauchage raisonné, c’est  la préservation de corridors écologiques et une belle économie pour notre commune.

"Toutes ces actions ont un effet immédiat et ne sont pas très compliquées à mettre en œuvre. Ce qu’il faut, surtout, c’est une  volonté politique : On informe, on implique et on passe à l’action...

Être village zéro pesticide, c’est une autre démarche environnementale de la commune.  On sait qu’il y a 40% des produits phytosanitaires qui se retrouvent  dans l’eau et qui proviennent des particuliers. Si nous voulons sensibiliser ces particuliers, il faut que la collectivité soit irréprochable. Sinon, ce n’est pas la peine

Depuis le début de l’année, on peut flâner sereinement dans les espaces publics de Planfoy : ce village a reçu le label «village zéro pesticide». Pour l’obtenir il faut que la commune s’engage, entre autres, à ne plus utiliser de produits phytosanitaires. Créé en 2010 dans la Loire, la charte s’étend aujourd’hui en région. Dans le Pilat, Planfoy est  la première commune à s’impliquer.  La commune de Doizieux, elle,  s’est engagée ce 22 avril 2013.

Est-il compliqué d’obtenir ce label ?

 « Devenir ‘’village zéro pesticide’’, c’est un peu plus long à mettre en œuvre que le fauchage raisonné, ou l’extinction de l’éclairage, parce que cela implique des changements dans les pratiques de travail des employés municipaux. C’est plus long, mais pas plus compliqué. L’aide de la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature), qui apporte à la fois, une expertise, une méthodologie et une pédagogie, nous a été très précieuse. Nous avons établi un plan de désherbage en commençant d’abord par une analyse des pratiques existantes : quelle est la quantité de produits phytosanitaires utilisée par an ? Quelles sont les molécules qui les composent  ? Quand sont-ils utilisés ? Combien d’heures de travail cela représente-t-il, combien de mètres linéaires sont traités, etc.

Nous avons examiné les alternatives au désherbage chimique comme le désherbage thermique (infra rouge,  flamme directe etc.). Nous y avons trouvé pas mal d’inconvénients : plutôt onéreux et  assez complexe en termes d’intervention. Nous avons donc décidé de revenir à la binette.

On porte une attention particulière au cimetière. Ici, les employés municipaux  interviennent en trois fois, trois fois six heures, à la binette mécanique. Sur les zones perméables on laisse faire la nature et, quand cela devient vraiment trop envahissant, on passe  un petit coup de rotofil pour nettoyer. 

Il faut s’habituer à revoir un peu de ‘’mauvaises herbes’’, planter des rampantes, pailler...      

Il y a d’autres pistes qu’on n’a pas encore trouvé le temps de mettre en place comme utiliser des graines de vivaces qui sont adaptées aux bords de route. À terme, c’est ce qu’on aimerait mettre en place… »

potagerDans son bulletin, la commune informe le citoyen de sa démarche. À l’école, l’action de sensibilisation va plus loin : la commune a pris l’initiative de créer un jardin potager. 

Comment cela fonctionne-t-il ?

« Nous avons ouvert des commissions participatives chargées de l’environnement et sollicité des citoyens prêts à s’engager un peu sur le long terme pour aider des enfants à s’occuper d’un potager. La mairie avait pour rôle d’organiser la zone. Nous avons réalisé un potager en carrés. Nous avons  apporté de la terre végétale, du compost, etc. (aujourd’hui, l’école dispose de son propre composteur). Une équipe de bénévoles intervient durant l’année. La commune les pourvoit en semences et en travail mécanique quand il le faut. Il y a surtout Daniel Etienne, un bénévole qui fait tout un travail avec l’école et, entre autres, mène une action de sensibilisation sur les traitements. Les enfants font leurs récoltes, leurs casse-croûte, etc. J’en profite pour remercier l’équipe d’enseignants qui s’est impliquée avec beaucoup de dynamisme. Maintenant ce sont eux qui nous relancent !»

Quel retour des parents ?

« […] C’est surtout du côté des enfants que c’est intéressant. Par exemple, il y a un an, ils ont récolté des choux... Il y en avait 10 pour 25 enfants. Nous avons donc tiré au sort. Ceux qui n’en avaient pas pleuraient. Il a fallu partager... mais que d’émotions ! Pareil pour les fraises !»

L’association des Croqueurs de pommes et les pépinières Vial Chataignon dans le Pilat ont offert à l’école trois pommiers ainsi que trois poiriers de variété ancienne. Ils ne sont pas encore très gros mais nul doute qu’ils seront surveillés et participeront à beaucoup de petits goûters de l’école de Planfoy.

Devant la mairie, sous l’arbre de la Révolution, un grillon à lui seul fait presque autant de bruit que la récré !

Propos recueillis par Ph. Chételat

Commentaires   

0 #2 phch 07-05-2013 15:55
Bonjour Damien,
Selon les sources du Parc, (48 communes sur le territoire du Pilat), il y a 13 communes qui pratiquent l'extinction des lumières la nuit. Les voici:

-Quatre communes (sur seize) dans les Monts du Pilat:
Burdignes, Planfoy, St Genest Malifaux, St Julien Molin Molette

-Quatre communes (sur neuf) dans la région de Condrieu:
Echalas, Longes, Tréves, Tupin-et-Semons.

-Quatre communes (sur quatorze) dans le Pilat Rhodanien:
Chuyer, Pélussin, Véranne, Verin.

-et une commune (sur neuf) dans les Pays du Gier:
La Terrasse sur Dorlay

En ce qui concerne le label village zéro pesticide, seul Planfoy le possède. Ce 22 avril, la commune de Doizieux s'est engagée dans cette démarche.

phch
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0 #1 damien 06-05-2013 23:28
Y'a t'il d'autres communes dans le Pilat qui pratique l'extinction de l’éclairage publique la nuit ou qui sont dans une démarche Zéro Pesticide?
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