Dans ma poubelle... devinez quoi qu’il y’a ?

poub fonsal

 

Il fut un temps où l’on jetait ses déchets dans la rue. Un temps, il est vrai, où nos rebuts n’étaient pas envahissants comme aujourd’hui… Mais si le préfet Eugène Poubelle a décrété à la fin du XIXe siècle la mise en place des caisses auxquelles il a donné son nom, devenues alors plus célèbres que la plus grande star hollywoodienne, c’est que cette méthode « je-jette-tout-devant-ma-porte » n’était pas si fabuleuse... Entre la peste et un petit effort pour collecter les déchets correctement, on fait vite le choix !

Les collecter, oui, mais il faut savoir quoi en faire après. Des décharges apparaissent, se modifient avec le temps pour limiter la pollution et préserver notre santé… jusqu’à devenir aujourd’hui des unités complexes, si complexes à gérer qu’une commune fait souvent appel à des professionnels privés spécialisés. Cette technique toujours en évolution crée des emplois, bien sûr, mais aussi des trous, pas seulement dans le paysage, plutôt dans le trésor de la commune. Eh oui, préserver notre santé a un coût. Et, malgré ce coût, nous avons continué à produire encore plus de déchets, et encore plus…. En trente ans, chacun de nous a doublé sa quantité de déchets… Il faut plus d’argent mais aussi plus de place. Mais au fait : qui veut d’une décharge sous ses fenêtres ? Comment ?! Personne ne lève la main ? Même de plus en plus performantes, les décharges ne nous tentent pas comme voisines et pour cause… odeurs désagréables, dégradation du paysage, pollutions inévitables, bruit… Et l’incinérateur ? Vous y aviez pensé ? Bref, tout pour plaire !

contenu poubelleComment limiter cette progression fulgurante ?

Avant tout, observons notre poubelle : des déchets putrescibles, du papier, des cartons, du plastique, du verre, des textiles sanitaires, des métaux, des textiles et quelques autres déchets en mélange. Le législateur nous aide à progresser. Nous devons, dans l’ordre, avant tout ne pas produire de déchets ; si ce n’est pas possible, nous devons préparer les déchets en vue de leur réemploi direct ; puis développer le recyclage et sinon, à défaut, la valorisation. Et si même la valorisation n’est pas possible, alors nous devons l’éliminer de manière sûre et dans des conditions respectueuses de l’environnement.

Facile à écrire mais, derrière cet ordre hiérarchique, il y a toute une organisation à mettre en place, une économie à développer… et des efforts à faire par chacun. Allez, lançons-nous… 

Les déchets compostables d’un côté, les emballages ménagers recyclables et le verre de l’autre, les déchets dangereux en déchetterie, les médicaments chez le pharmacien, etc. Tout ça, vous me direz, c’est la multiplication des poubelles dans la maison ? Certes, mais avec un peu d’organisation, on ne se rend plus compte que l’on trie…  Trier, c’est super pour faire maigrir notre poubelle ! Mais, même trié, un déchet reste un déchet qu’il faut transporter et transformer, avec, au bout du compte, encore un peu de pollution et encore quelques investissements. Même si le tri permet de limiter le prix global d’élimination des déchets, d’enrayer cette augmentation fulgurante des coûts, de réduire la pollution et l’épuisement des ressources naturelles, n’y aurait-il pas mieux ? Le déchet qui reste le moins cher à traiter, c’est celui qui n’existe pas ; c’est le moins polluant aussi. Et, de là, on fait un bond dans la prévention des déchets : réduire, d’une part, la nocivité des déchets qui coûte très cher au portefeuille et à l’environnement ; réduire, d’autre part, la production de déchets. Penser compostage mais aussi réemploi en confiant le rebut à une association ou en vendant l’objet inutilisé dans un vide-grenier ; c’est aussi faire ses courses en pensant un peu à sa poubelle, en limitant l’emballage individuel et l’usage unique, en privilégiant le vrac et le réutilisable…

Et voilà, ma poubelle d’ordures ménagères « résiduelles », celle qui partira en décharge sur la colline d’en face, est toute petite maintenant… et tellement moins polluante qu’avant ! Et la vôtre ?

 

Dans le Pilat, qui est en charge des poubelles ?

1_1219372692394La responsabilité de la gestion des déchets produits par les ménages incombe à la commune. Dans le Pilat, la compétence a été confiée aux intercommunalités dans un souci de mutualisation. Les cantons de Bourg-Argental et de Saint-Genest-Malifaux (communauté de communes des Monts du Pilat) ont délégué cette gestion à un syndicat, le SICTOM Velay-Pilat. 

Collecte et traitement des déchets peuvent être exécutés en régie par le personnel de l’intercommunalité et/ou par des entreprises privées.

En 2012, le coût de la gestion des déchets dans le Pilat varie entre 60 et 76 net * par habitant 

* c’est-à-dire le coût de la gestion des déchets moins les recettes issues des subventions et de la valorisation.

S’éclairer et se chauffer avec les ordures ménagères ?

Le centre d’enfouissement technique (ou CET, comprenez “une décharge”) de Saint-Just-Malmont accueille les poubelles de 24 communes de la Loire et de la Haute-Loire, dont celles des cantons de Saint-Genest et Bourg-Argental. Les déchets non recyclés (ou non recyclables) ainsi stockés vont se dégrader puis fermenter. Ce processus produit du biogaz, lequel est brûlé, ce qui permet de faire de l’électricité. Lorsque la production de biogaz devient insuffisante, les déchets sont brûlés directement pour assurer la génération d’électricité. La loi interdit d’incinérer des déchets sans valoriser l’énergie produite. En 2010, 30 % des déchets des ménages ont été incinérés (Ademe).

Le SICTOM Velay-Pilat qui gère l’usine de Saint-Just-Malmont espère ainsi couvrir les besoins en électricité (hors chauffage) d’environ 300 foyers.

L’électricité produite par des installations qui valorisent les déchets ménagers ouvre droit à l’obligation d’achat par EDF, c’est à dire un tarif avantageux qui doit assurer la rentabilité de l’installation.

E. Weiss / K. Chételat

ERRATUM
Le SICTOM Velay Pilat, dont nous avons parlé dans le précédent numéro, a souhaité apporter quelques rectifications intéressantes sur le dossier qui traitait des poubelles du Pilat:

Page 4, vous indiquez que les décharges génèrent « une pollution inévitable ». Cela est inexact car les casiers de stockage sont totalement imperméables. Si cette barrière venait à être endommagée (essentiellement par le fait d’un incendie), une barrière passive composée d’un mètre d’argile se trouve en dessous des différentes couches. De plus, les gaz issus de la décomposition des déchets sont récupérés et transformés en électricité par une génératrice. Enfin, les jus provenant des déchets sont eux aussi récupérer dans un bassin et traités en station d’épuration.
En page 7, vous écrivez : « Lorsque la production de biogaz devient insuffisante, les déchets sont brulés directement pour assurer la génération d’électricité. ». Je pense qu’il y a eu une confusion. En réalité lorsque la génératrice est en maintenance ou en panne, le biogaz est directement brûlé dans une torchère à près de 1000°C afin d’éviter toute pollution. Nous n’avons pas d’installation permettant d’incinérer les déchets.
Page 11, vous indiquez que « dans le Pilat il n’y a pas eu assez de travail effectué en amont de nos poubelles » puis que « la communication demande d’aller sur le terrain et auprès des écoles […] ». J’attire votre attention sur le fait que le SICTOM Velay Pilat intervient plusieurs dizaines de fois par an dans les établissements scolaires de son territoire et organise très fréquemment des visites du centre d’enfouissement technique, des déchetteries et du centre de tri de Firminy, gratuitement, sur simple demande.
R. Buferme

 

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