LE PILAT CULTUREL

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Donner une définition de la culture serait bien risqué, tellement ce concept est vaste. Une des plus anciennes références à la culture serait celle de Ciceron (Tusculanes, II, 13) : « Un champ si fertile soit-il ne peut être productif sans culture, et c’est la même chose pour l’humain sans enseignement. »
La culture ne relève pas de l’inné, mais bien de l’acquis. La culture est d’abord une notion individuelle. C’est ce qui va caractériser l’esprit de chacun, ce qui, à part le physique, va nous différencier de l’autre. La culture est aussi collective, c’est : « un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d’agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d’une manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte », l’écrit Guy Rocher.

Existe-t-il une culture spécifique au Pilat ?
Qu’est-ce qui culturellement pourrait unir ceux de Saint-Sauveur-en-Rue à ceux de Longes et qui les différencieraient de ceux de Mornant ou de Davézieux ? Au cours du temps, le massif du Pilat a-t-il fertilisé les esprits de ses habitants d’une culture qui lui est propre ? Avec les Stéphanois d’un côté, les Ardéchois de l’autre et les Lyonnais au nord, chaque versant a été soumis à différentes influences et les cols du massif ont préservé cette biodiversité culturelle. L’histoire du massif du Pilat est riche, les traces des siècles passés nombreuses. Mais cela ne peut suffire à lui donner aujourd’hui une identité culturelle. Pourtant notre massif trouve une originalité, une différence par rapport à bien d’autres territoires ruraux par le fait qu’il est un parc régional. Il est de grandes pensées qui rassemblent les Pilatois, qui constituent ces personnes en une collectivité particulière et distincte. Ces manières de penser, de sentir, et d’agir sont formalisées dans la charte du territoire. Lorsqu’on dit « gens du Pilat », lorsqu’on cherche ce qui les rassemble, outre le massif et son histoire qu’ils occupent, force est de constater que seule l’aventure « parc régional » aura fait d’eux des Pilatois.
Quels sont les investissements et les actions culturelles menés sur le territoire ?
On ne peut pas dire que, il y a quarante ans, le Pilat était un désert culturel. « C’est vrai qu’on y entendait plus l’accordéon que Mozart, qu’on organisait plus de foires que de festivals, qu’on y lisait plus Robert Sabatier, Exbrayat que Bernard-Henri Lévy ou Proust... On lavait encore le linge au lavoir, on regardait Intervilles et Guy Lux et on voyait d’un mauvais œil les citadins errer en petites chaussures dans les sentiers à peine balisés, oubliant de refermer la barrière derrière eux » (1). Pas de désert culturel, mais, comme toujours dans les territoires ruraux, un accès à la culture très restreint faute de moyens. Les cinquante communes qui composent le massif n’ont rien à voir avec la taille (et donc les budgets) des nombreuses villes qui les entourent.

Avec la création du Parc, tout bascule. D’importants moyens financiers seront débloqués pour la mise en place d’infrastructures, un service culturel est créé avec à sa tête un homme du sérail, un metteur en scène, un artiste : Jean Andersson. Pendant plus de 25 ans, il va avec succès mener une action culturelle exceptionnelle sur notre territoire en mettant en place un grand nombre de manifestations. Il sera à l’origine de nombreux festivals qui tournent encore aujourd’hui (Les Bravos de la Nuit, la Fête du livre...).
Avec le début du deuxième millénaire, le Parc change totalement sa politique culturelle. L’heure est aux économies. Le poste de directeur culturel disparaît, des infrastructures du Parc sont cédées : base nautique de Saint-Pierre-de-Bœuf, Maison du Sapt, etc. On s’attelle à une nouvelle charte et, si la stratégie culturelle n’est pas encore très définie, depuis 6 ans, le Parc a en moyenne investi chaque année 100 000 € dans la culture au travers des actions qu’il produit (Concerts en balades, Printemps des bistrots) ou des actions qu’il soutient (environ 10 actions annuelles avec une moyenne de 3 800 € par action). La mission culturelle n’est plus la charge d’une direction, mais l’une des charges d’un technicien qui en cumule pas mal d’autres. Le Parc reste tout de même un financeur culturel important au regard des autres acteurs locaux. En effet, la compétence culturelle relève des communes et vu la taille moyenne des communes dans le Pilat, peu ont les moyens d’investir dans ce secteur.
Les communautés de communes ou les grosses communes prennent le relais, des médiathèques voient le jour, un cinéma créé et deux cinémas associatifs modernisés. Quelques trop rares communes comme Marlhes font un effort pour investir dans une nouvelle salle de spectacle polyvalente, mais, il faut bien l’avouer, côté infrastructures culturelles publiques, hors bibliothèques, on a du mal à trouver une salle de spectacle équipée correctement sur notre territoire. Si l’espace Jules-Verne ou la salle de l’Arbuel offrent une certaine qualité, ailleurs, on trouve des salles municipales qui conviendraient davantage à un décor de film d’après-guerre. L’investissement dans les équipements culturels est un choix politique.
Il en est de même pour le personnel. Peu de communes ont des techniciens dont le travail est uniquement tourné vers la culture : moins de 10 salariés ont un plein temps consacré à l’action culturelle sur l’ensemble du massif.
Heureusement que le bénévolat comble ce manque : bénévoles dans les bibliothèques, bénévoles dans toute l’organisation des principales manifestations : musique, sculpture/peinture, théâtre, livre, etc. Souvent les techniciens sont eux aussi bénévoles et sont chargés de « dégoter » du matériel en prêt. Quant aux artistes, ils repartent presque toujours avec un cachet symbolique. Cela ne donne pas pour autant de la culture au rabais, au contraire : ces passions conjuguées font naître des moments exceptionnels. Sur le territoire, l’offre culturelle est riche et variée grâce principalement au dynamisme des associations locales. Il faut souhaiter que, dans ces temps difficiles, les collectivités soient conscientes tant de leur utilité indispensable au développement local que de leur fragilité.

L. Zlassuli

(1) Un vilain petit canard dans le Pilat,  Jean Andersson 2001, Color Gang Édition

Le numéro 12 est en distribution. Le site sera mis à jour une fois la distribution effectuée (fin deuxième semaine de juillet)

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