À VÉLO DANS LE PILAT

Si le vélo, après avoir écrit son nom en lettres d’or à Saint-Etienne, a perdu sa place dans l’industrie de la région, il est toujours aimé et pratiqué. Pour se rendre compte de cet attachement, il suffit de sortir un dimanche ensoleillé : les routes et les chemins du Pilat sont sillonnés par des passionnés qui ne craignent pas les dénivelés. L’observatoire du tourisme a évalué le nombre de cyclistes sur l’ensemble du Pilat (ViaRhôna comprise) a près de 75 000.
Vaste terrain de sport pour les pratiquants de VTT et de cyclotourisme, le Pilat a aussi vu naître des champions ; de grands penseurs l’ont aussi parcouru et restent aujourd’hui célébrés. Enfin, à l’image de ceux qui l’utilisent au quotidien pour se rendre au travail ou faire des emplettes, le vélo, qui forme avec le cycliste un couple performant – d’autant plus lorsqu’il est assisté électriquement – devient une composante des nouvelles formes de mobilité.

La révolution du cycle
« La possession de cette machine me permit de faire de grands voyages pour l’époque : Saint-Etienne Chambéry et retour, soit environ 260 kilomètres. Étape que nous avons faite en douze heures avec M. de Vivie ». Ainsi témoignait le stéphanois Pierre Gauthier, en 1886. Le premier deux-roues avec une transmission par chaîne, la bicyclette Safety, était né deux ans plus tôt en Angleterre. Les frères Gauthier, impressionnés par les performances de l’engin, copièrent le modèle et fabriquèrent ainsi la première bicyclette française. Elle sera commercialisée sous la marque Hirondelle par Etienne Mimard, le fondateur de la future Manufrance. Ceci marque le point de départ de ce qui a conduit à faire de Saint-Etienne la capitale du cycle.
La première moitié du 20e siècle marqua l’apogée du cycle stéphanois, par le nombre d’ateliers, d’innovation et de marques faisant la renommée de ces entreprises. Ainsi Albert Raimond, à qui l’on doit les premiers dérailleurs. Il s’installa à son compte avec seulement 3 ouvriers à la fin des années 20. Dix ans plus tard, son usine de 4 000 m2, déménagée entre temps à Saint-Priest-en-Jarez, fabriquait 800 000 dérailleurs par an.
7 500 ouvriers travaillaient pour le cycle en 1937. Saint-Etienne se caractérisait par une quantité impressionnante de petits ateliers disséminés dans toute la ville dont il reste aujourd’hui si peu de traces – y compris dans les archives – que le chercheur peine à reconstituer cette histoire-là. Ces ateliers, au sein desquels se fabriquaient les pièces détachées tels que les roues libres, les moyeux, et autres roues dentées, cadres, pédales, changement de vitesse, freins, ont fait la notoriété du bassin stéphanois.
Mais l’âge d’or n’a qu’un temps. A partir des années 50, le cycle entra en crise. Saint-Etienne connu une indiscutable récession qui, même si elle se teinte de quelques éphémères reprises, marqua la fin de l’industrie du cycle. Certains ateliers réussirent à maintenir leur activité grâce à une diversification de leur fabrication pour les industries de l’automobile, de la quincaillerie… En raison d’un défaut de modernisation et d’entente entre eux, les entrepreneurs ne résistèrent pas à l’arrivée de la concurrence étrangère, italienne, d’abord, puis asiatique.
Réalisé en collaboration avec le Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne.
Le cycle aujourd’hui

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On estime que le secteur du cycle sur le bassin stéphanois représente en 2013 une centaine d’emplois (12 000 en France). Seules subsistent aujourd’hui deux entreprises dédiées à l’assemblage/montage de cycles : France-Loire et Olympique Cycles. Dans le domaine des pièces détachées, demeurent Stronglight (pédalier), Marclopt (jantes, rayons) et Sapim à Feurs (rayons).
Avec la crise et la monté du prix de l’essence, le besoin d’évasion et de rapprochement avec la nature, le marché du vélo a encore de beaux jours devant lui. La France est le 3e pays consommateur de vélos en Europe.
L’Observatoire du cycle établit un bilan positif du marché du cycle en 2013. En effet, les ventes de cycles, d’équipements et accessoires ont progressé de 3,1% sur l’année. Il s’est vendu en France 2 785 300 vélos, au prix moyen de 300 €.
À vélo sur les chemins du Pilat
Né dans les années 70 aux Etats-Unis, le vélo tout terrain est, comme son nom l’indique, destiné à circuler hors bitume. Dans le marché du cycle, le VTT représente près de la moitié des ventes (vélo enfant et adulte), c’est dire si la pratique d’un sport en pleine nature reste séduisante.
Le Pilat propose 650 km de sentiers VTT balisés et 31 circuits en boucle décrits dans un topoguide en vente dans les Offices de tourisme. Il est possible de les télécharger avec tracés et formats GPS sur le site www.pilat-tourisme.fr (mon parc à vélo/boucles à vélo téléchargeables). Ces pistes ont été tracées et sont entretenues par le Parc du Pilat.
Le PNR travaille sur un nouveau site internet qui présentera les itinéraires VTT, équestres et pédestres. Ce site devrait voir le jour à l’été 2015.
Toujours sur Internet, on trouve des circuits proposés par des passionnés de VTT. Certains joignent un fichier spécial GPS et hop ! Il n’y a qu’à suivre *. Aucune voix numérique pour vous dire « à 200 m, à la prochaine clairière derrière le hêtre, prenez la troisième sortie… », mais les indications suffisent pour refaire sans problème le circuit proposé. è
* Sur le site internet utagawaVTT.com, on trouve aujourd’hui soixante-seize traces GPS de randonnées dans le Pilat.

Du sur-mesure
notarHéritier de la grande époque du cycle stéphanois, Jean-François Notargiacomo, dans son atelier de Rive-de-Gier, est l’un des derniers fabricants de cadre et de vélos sur mesure. Ses clients viennent de toute la France pour y acquérir LE vélo conçu pour eux.
Cycles NOTAR, http://ncrdg42.free.fr

 

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