LE VÉLO, UNE ALTERNATIVE À LA VOITURE ?

En France, depuis vingt ans, les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports sont en constante augmentation. Comment allons-nous faire pour répondre à l’engagement de diviser par quatre les dites émissions d’ici à 2050 ?
Chère voiture…
La voiture demeure le mode de transport privilégié des Français (soit… 83% des déplacements quotidiens !) bien qu’on la sache polluante et de plus en plus couteuse.
La majorité des kilomètres parcourus en voiture s’effectue dans les zones périurbaines et rurales, là où les autres possibilités de transport, train ou bus, sont peu nombreuses ou inadaptées. Dans le Pilat, nous cumulons 58 millions de kilomètres chaque année pour nous rendre au travail !
Avec le développement de l’offre de la voiture électrique, l’impact de la voiture sur l’environnement (précisons : sur la qualité de l’air) pourrait peut-être diminuer ? Cette solution étant aujourd’hui encore très marginale, il faut envisager d’autres pistes, déjà mises en œuvre ici et là : le covoiturage ; la voiture en autopartage. Mesures qui viennent compléter le réseau des transports en commun. Quid de la bicyclette dont l’efficacité en milieu urbain est bien réelle ? A-t-elle sa place dans les campagnes ?
À bicyclette au travail ?
velo alternative01Aller au boulot à vélo est peu fréquent : en France, ce sont seulement 5% des déplacements domicile-travail qui s’effectuent à coup de pédale. En nette diminution pendant plusieurs décennies, tout comme la marche à pied, l’usage du vélo est aujourd’hui stable mais avec des disparités : s’il progresse dans les grandes villes, avec une mention spéciale à Strasbourg avec 15% des déplacements, il recule en milieu rural. Evident succès du modèle du « tout-voiture », tant il apporte souplesse et confort à son usager. On comprend que sur nos petites routes, la voiture y soit particulièrement aimée : s’y déplacer à vélo, lorsqu’on est frôlé par des véhicules dépassant parfois les 90 km/h et où les distances s’allongent entre domicile et services de proximité, est complexe, fatiguant et dangereux.
Si le vélo présente d’incontestables avantages – voir l’encart bénéfices de la petite reine (p.12) –, tout n’est pas rose. Le mauvais temps, les enfants, l’insécurité : voilà le trio handicapant que pointent les usagers quand on leur demande pourquoi ils ne circulent pas -ou peu- à vélo. Il faut en effet accepter de se changer en arrivant au travail parce que la pluie était de la partie sur le trajet, emmener ses enfants dans un vélo-cargo ou les inscrire au ramassage scolaire, et bien-sûr garder sa vigilance sur la route. Bref, rouler à vélo requière de la motivation. Pourtant, les 5% d’actifs qui relèvent le challenge de rejoindre – en totalité ou en partie – leur lieu de travail à la force du mollet (ou assistés électriquement) ne sont pas masochistes : ils témoignent au contraire, malgré parfois des doléances longues comme le bras pour améliorer leurs conditions de déplacement, de leur volonté de toujours pédaler.  
Quelles seraient les solutions pour convaincre de nouveaux usagers et pour que le vélo prenne sa place dans l’offre des déplacements quotidiens ?
Partager la route et repenser la mobilité
Le développement du vélo doit s’appuyer sur l’essor de l’inter-modalité. L’inter-modalité, c’est utiliser, pour aller d’un point A à un point B, plusieurs modes de transport : vélo + bus, covoiturage + train, etc. Certains parlent d’alter-mobilité : une solution alternative à la voiture pour se déplacer au quotidien.
Pour que le vélo s’inscrive dans la mobilité urbaine, périurbaine et rurale, son usage doit être soutenu par une volonté politique forte, axée sur trois grands principes. Tout d’abord un véritable aménagement de la voirie visant à sécuriser les cyclistes (pistes cyclables, baisse de la vitesse des véhicules motorisés,…). Puis par la mise en place d’un stationnement de qualité pour les vélos (en sécurité et à l’abri des intempéries). Enfin, par une offre de transports en commun adaptée. Par exemple ? Que le réseau cyclable converge de manière sécurisée vers la gare, qu’il y ait une continuité des pistes, que des voies en sens unique soient autorisées en double-sens pour les seuls vélos afin de limiter les distances, que le cycliste puisse si besoin embarquer son vélo dans un transport collectif...
velo alternative02Dans les gares qui bordent le Pilat et dont certains d’entre nous sont usagers, Saint-Chamond, Vienne, Saint-Clair, Givors, Le Péage, Firminy…, on trouve des consignes collectives, pour un coût d’abonnement de 35 euros par an, qui garantissent une place pour le vélo et un accès contrôlé. Mais les taux de remplissage (excepté sur Vienne et le Péage) sont inférieurs à 30%, signe que si les infrastructures sont en partie là, la pratique est à développer. Il est probable aussi que la gratuité permettrait à un plus grand nombre de cycliste de profiter du service, surtout quand le stationnement de la voiture est lui, dans la quasi totalité des gares, non payant.
Dans le Pilat, exception faite pour la ViaRhôna, on ne trouve pas trace de piste cyclable dans nos bourgs ou sur les départementales. Un simple marquage sur la voirie serait pourtant peu onéreux et signifierait que la route n’est pas réservée à la seule voiture.
L’inter-modalité, c’est la grande cuisine de la mobilité. Mais ce n’est pas tout, reste à saupoudrer l’ensemble d’un indispensable respect des autres usagers de la route pour les deux-roues, car les témoignages pour incivilité sont nombreux. Certes, les cyclistes peuvent aussi être fautifs mais, contrairement aux automobilistes, et cela fait toute la différence, ils n’ont aucune armure.
Beaucoup d’efforts sont donc à faire et pas seulement du coté du pédalier !
En avant et… en arrière !
Les communes innovent, et c’est bon pour la planète : depuis plusieurs années et dans aujourd’hui près de 40 villes en France, on peut trouver un deux-roues en libre service. Il n’est donc plus utile d’avoir son propre vélo, il suffit de le louer à l’heure : finis les problèmes de garage ou d’entretien.
velo alternative04Autre initiative qui vise à fluidifier la circulation, sans émettre de pollution : les vélos-taxis qui livrent par exemple de petites marchandises et du courrier urgent pour les entreprises.
A Saint-Etienne, une initiative de ce type avait vu le jour en 2011. Les Coursiers verts sillonnaient les rues de la ville pour livrer des plis mais fin 2013 l’activité a dû cesser, faute de clients et d’implication de la municipalité. Saint-Etienne peine à accorder une vraie place au vélo dans sa politique de la ville. La nouvelle municipalité opère même un surprenant retour en arrière en évoquant la suppression de pistes cyclables. Et elle n’est pas la seule… Bien que la notion de développement durable soit devenue une composante indispensable des discours de nos élus, des municipalités fraichement installées réinstaurent le stationnement automobile gratuit, réduisent l’espace piétonnier, rayent de la carte des pistes cyclables. Pourquoi une telle démarche ? Les élus de Béthune, Thionville, Angers, et ailleurs qui ont fait ce choix expliquent que la demande viendrait des habitants eux-mêmes et que cela doit servir à redynamiser le commerce du centre-ville en en facilitant l’accès à tous (résidents de la commune et ceux qui viennent de l’extérieur, en voiture, donc). À l’opposé, des associations et des élus affirment que c’est là où la place du piéton et du vélo a été renforcée que le petit commerce local se porte le mieux. Notons qu’il est d’abord question de commerce et d’économie et accessoirement de qualité de l’air.

Alors ? Une ville à vélo ou bien une ville où la voiture est reine, comme on la rêvait du temps de Pompidou ? Plutôt un espace à partager, dans le respect des différents usagers. Un espace aussi à repenser, dans lequel, comme le préconisent certains urbanistes*, les distances se raccourcissent, les déplacements reprennent une dimension humaine et non plus motorisée.
Dans nos petits centres bourgs du Pilat, bon nombre de kilomètres pourrait d’ores et déjà être parcouru à bicyclette. Des trajets modestes, certes, mais ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières ? Peut-être qu’avec la rurbanisation des campagnes, élus et citoyens agiront pour trouver des alternatives au tout-voiture. Peut-être aussi que le vélo à assistance électrique en se démocratisant convaincra des automobilistes à devenir cyclistes !
 è K. C.
*« La ville durable sera celle de la proximité, une ville de la pantoufle ! » Philippe Madec.

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