LA VIA RHONA À L'ILE DU BEURE : ENTRE OPORTUNITÉ ET CONTRAINTE
La ViaRhôna : une voie cyclable longeant le Rhône, du lac Léman à la Méditerranée, sur plus de 450 km.

viarhonaLa ViaRhôna c’est dans un premier temps, pour l’Île du Beurre, le sujet de débats internes importants au début des années 2000. C’est ensuite, entre 2007 et 2009, des travaux d’aménagement conséquents (construction d’un sentier linéaire à la place des chemins sinueux le long de la lône). C’est enfin, depuis janvier 2009 et l’ouverture du tronçon de la ViaRhôna sur le site, une fréquentation accrue du sentier et la présence d’un nouveau public.
Car fréquentation il y a ! En trois ans, le nombre de passages sur le site serait passé d’environ 20 000 à 50 000 (entre 2010 et 2013), avec une prépondérance cycliste affirmée dès le départ : 60% de vélos en moyenne.
Cette situation est tout à la fois opportunité et contrainte pour le Centre d’observation de la nature. Une contrainte par l’impact réel sur la qualité des milieux naturels que l’aménagement et la fréquentation induisent : au grand regret des naturalistes, il devient de plus en plus difficile voire impossible d’observer le Castor sur la lône ainsi que bien d’autres espèces d’oiseaux et les populations sont fragilisées par cette situation (la héronnière va t-elle perdurer dans les prochaines années, si proche de l’observatoire et du sentier ?). Néanmoins, la ViaRhôna peut être  une opportunité forte pour sensibiliser de nouveaux publics et accroître la renommée des lieux. Cela souligne les nouveaux défis qui attendent le Centre  : mettre en place une signalétique adaptée, garantir une gestion constante pour limiter les « divagations » en dehors du sentier et assurer une tranquillité des milieux alentours, mieux connaître ce nouveau public pour susciter sa curiosité et son intérêt pour la nature.
Du point de vue « cycliste», le tronçon de la ViaRhôna sur l’Île du Beurre suscite à la fois agacement et plaisir : agacement des cyclistes pressés, forcés de mettre pied à terre pour traverser les sas et les chicanes, bien  nécessaires néanmoins pour la sécurité des groupes piétons présents et préserver le site ; plaisir pour les autres (nous osons y croire) par l’opportunité unique qu’il offre d’une immersion au plus près de la forêt alluviale, ombragée et dépourvue des dangereuses « bosses » liées aux racines d’arbres que l’on trouve sur le reste du parcours de la ViaRhôna (grâce au revêtement en sable stabilisé-lié sur ce tronçon).
Cette ‘‘vélorution tranquille’’ à laquelle nous assistons tous les jours au bord du Rhône serait-elle le symbole du « tourisme du 21è siècle » ? Les voies vertes ont en tout cas le vent en poupe partout en France et en Europe. Espérons que cela soit la démonstration du développement d’un tourisme de proximité, curieux du patrimoine naturel et culturel de nos territoires et que nous relèverons le défi de l’accueillir dans les meilleures conditions, pour l’homme comme pour la nature !
Maud Grard Verzat, pour le Centre d’observation de la nature de l’Île du Beurre.

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