Née d’une légende, la Chartreuse de Sainte-Croix cache encore bien des mystères

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« Dans notre ancien pays du Jarez, au fond d’une gorge solitaire du mont Pilat, existe encore un ancien monastère des Chartreux du nom de Sainte-Croix. » 
C’est ainsi, qu’en 1904, Antoine Vachez débute son livre « La fondation de la Chartreuse de Saint-Croix-en-Jarez » (1). Les écrits de ce docteur en droit, membre du comité d’histoire et d’archéologie de Lyon, forment le point de départ de l’engouement de nombreux passionnés d’histoire. En effet, les bâtiments du  monastère de la Chartreuse, devenus habitations privées durant la Révolution, gardent en eux encore bien des mystères. 

Au XIIIe siècle Le Pilat se partageait entre deux puissantes familles chevaleresques : la maison du Jarez et celle de Roussillon. C’est cette dernière qui a autorité sur le versant de Chateauneuf à Pavezin, là où est aujourd’hui installée la Chartreuse.
En 1275, Guillaume de Roussillon, seigneur d’Annonay, de Farnay, Dargoire et Châteauneuf est envoyé en mission en Terre sainte, où s’achèvent les croisades. Il y meurt deux ans plus tard. Béatrix de la Tour du Pin est sa jeune veuve. 
La légende raconte qu’en 1280, une croix d’argent éclatante de blancheur apparaît à la pieuse Béatrix plusieurs nuits durant son sommeil. Un matin, la dame s’engage sur les hauteurs du Pilat. Sur le chemin, avançant devant elle, la croix lui réapparaît entourée d’étoiles, puis s’arrête à l’endroit où doit être élevé le monastère. Béatrix se consacrera à l’édification de cette Chartreuse et y résidera jusqu’à la fin de ses jours.
C’est ainsi que commence l’histoire officielle de la Chartreuse de Sainte Croix : par une légende, des visions… Et, bien souvent, lorsque l’histoire avec un grand H nait d’une légende, cela éveille les curiosités et ainsi apparaissent des chercheurs en quête de vérité. Effectuer des recherches, lire entre les lignes des vieux écrits, interpréter une particularité architecturale, décrypter des peintures anciennes, observer le paysage, fouiller, toujours et encore… essayer de trouver la vérité au risque de créer de nouvelles légendes...  
Ils sont nombreux dans le Pilat à se passionner pour l’histoire de ce lieu. Chacun se forge son opinion. Mais tous s’accordent sur le fait que des questions restent sans réponses : qu’y avait-il sur ce terrain avant la construction du monastère ? Les deux visages de pierre dans la cuisine ne sont-ils pas largement antérieurs à l’édification de la Chartreuse ? Pourquoi les cellules des chartreux sont-elles aussi grandes (180 m2) alors qu’elles sont très modestes dans les autres monastères ? Pourquoi y a-t-il deux cloitres, des meurtrières ? Pourquoi cache-t-on au public l’existence des souterrains et de la crypte ? Où sont passés sépultures et ossements des Pères ? …
Quelques-uns de ces passionnés en sont sûrs : ce bâtiment cache un secret en relation avec la mission de Guillaume de Roussillon parti en Terre sainte peu de temps avant la vision de Beatrix, son épouse. La Chartreuse de Sainte Croix aurait-elle un rapport avec le Trésor des Templiers, avec le Saint Graal ? Dans tous les cas, les murs de la plus grande bâtisse du Pilat recèlent encore bien des secrets…

Ph. Chételat

(1) Impr. de A. Vingtrinier, dispo à la BNF (galica.bnf.fr)

Le grand souterrain

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Dans le légendaire de Sainte-Croix-en-Jarez, un étrange souterrain est parfois évoqué, mais aucune visite guidée officielle ne l’évoque. Et pourtant, certains ont pu le visiter…
Ces galeries dérobées, datant du Moyen Âge voire même avant, font rêver petits et grands. 
À quoi pouvait-il bien servir, ce grand souterrain ? On sait de manière certaine aujourd’hui qu’avant la fondation de la Chartreuse en 1281, il existait une maison forte en lieu et place de la partie centrale des bâtiments observables aujourd’hui. Il faut très certainement remonter à ces époques révolues pour voir apparaître le grand souterrain de Sainte-Croix. Plus tard, les moines l’auront utilisé et aménagé à leur guise, le souterrain reliant discrètement les appartements du Prieur à la crypte. Supposition ? Nous sommes en effet obligés d’avoir une retenue quant à sa ou ses directions respectives, car ce souterrain est obstrué à hauteur du jardin de l’ancienne mairie. Par conséquent, il n’est pas donné à tout un chacun d’en suivre le tracé qui traverse des propriétés privées. S’il est délicat de faire visiter cet étrange ouvrage au visiteur, il est dommage qu’une série de photographies, par exemple, ne soit pas mise à la disposition de la curiosité du public.

Thierry Rollat

 

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