PRÉSERVER L'EAU

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L’enjeu des années à venir est la préservation de la qualité de l’eau. Pour cela, deux axes majeurs : protéger la ressource en amont en limitant les pollutions et économiser l’eau pour réduire les gaspillages. L’enjeu est individuel -chacun d’entre nous est concerné par la qualité de l’eau- et collectif.


Lutter contre les polluants

Les pollutions qui menacent l’eau sont d’une part d’origine organique, d’autre part d’origine chimique (nitrates, sulfates, métaux lourds, etc.).
Longtemps tenues pour responsables d’une pollution majeure des eaux, l’agriculture et l’industrie sont aujourd’hui sous contrôle ou presque. En revanche, la pollution émanant des particuliers est plus complexe à gérer car plus diffuse.

Les pouvoirs publics ont en premier lieu porté leur attention sur les pollutions organiques des eaux (liées au rejet et à l’infiltration dans les sols des déjections humaines et animales, des ordures ménagères). Des périmètres de protection autour des zones de puisage ont été établis, les eaux usées ont été traitées.

Les pollutions d’ordre chimique ont été prises en compte plus récemment. Les traitements sont complexes ce qui rend encore plus cruciales les mesures de prévention pour la protection de la ressource. Quid de ces polluants ?

La France est le quatrième plus gros consommateur de pesticides dans le monde...

95% des pesticides sont employés par l’agriculture, 5% par les particuliers. Les pesticides, utilisés pour détruire les organismes qui peuvent nuire aux cultures, contaminent l’eau et sont potentiellement nocifs pour l’homme.

Autres dangers pour les sols et l’eau : les nitrates, issus des engrais et de l’élevage, les phosphates, utilisés par l’agriculture et l’industrie mais aussi par beaucoup d’entre nous, par exemple via les détergents qui entrent dans la composition des lessives. Les tensio-actifs que l’on retrouve dans les produits d’entretien et les cosmétiques. Les médicaments qui, jetés dans le lavabo ou à la poubelle, infiltrent les sols et se diffusent dans les rivières et les nappes. Sans oublier la pollution engendrée par nos voitures : émissions atmosphériques qui retombent sous forme de précipitations, de dépôts sur les routes lesquels, lavés par les pluies, contaminent les cours d’eau.

Quant aux PCB (polychlorobiphényles, des composés chimiques cancérogènes), s’ils ne sont plus fabriqués aujourd’hui, on les retrouve néanmoins dans certains appareils sous forme de lubrifiants, ou encore dans la composition des adhésifs, des peintures. Ils sont très peu biodégradables et, ayant été largement utilisés, ils se sont peu à peu accumulés dans les sols et les sédiments, si bien que des cours d’eau sont aujourd’hui contaminés.
Tous ces polluants déséquilibrent les écosystèmes, l’eau perd en qualité, les traitements sont plus onéreux.

Économiser la ressource

Les éco gestes :

Un éco geste, c’est une action du quotidien, banale et à la portée de tous, qui participe à la protection de l’environnement. C’est, par exemple, privilégier la douche au bain, installer dans le toilettes une chasse d’eau à double commande, équiper les robinets d’un limiteur de débit combiné à un mousseur (un faible investissement pour une économie annuelle de l’ordre de 30 %), n’utiliser que la juste dose de produits nettoyants, etc. Savez-vous qu’un lave-vaisselle bien rempli consomme beaucoup moins d’eau qu’une vaisselle faite à la main ? Enfin, il faut veiller à dépister les fuites qui peuvent être à l’origine du gaspillage de milliers de litres d’eau.

Récupérer l’eau de pluie :

L’eau de pluie est une ressource naturelle inépuisable. Certains cours d’eau et nappes phréatiques étant  pollués et les réseaux de distribution menacés par leur vétusté, l’avenir de l’eau potable est préoccupant. Produit très surveillé, la qualité de l’eau qui coule de nos robinets ne saurait être remise en cause, mais les coûts liés à son traitement et à l’entretien du réseau risquent d’augmenter. Or, l’eau de pluie est largement disponible et de bonne qualité : les pollutions sont sous forme solide et peuvent être traitées par filtration et décantation.

Pourquoi utiliser de l’eau potable alors que 50% de notre consommation ne le requiert pas ?

Par exemple, dans l’arrosage du jardin, le lavage de la voiture... L’eau de pluie peut aussi entrer à l’intérieur de la maison pour alimenter les W.C., pour le lavage du linge et des sols. La récupération des eaux pluviales fait partie des mesures proposées par l’État pour, d’une part, préserver la ressource, d’autre part, limiter les risques d’inondation en cas de fortes pluies par la création de zone de stockage, donc tampon. Un crédit d’impôt de 15% sur l’achat du matériel posé par des professionnels encourage ces mesures.

La législation peut paraître assez stricte quant au champ d’application de la ressource : obligation d’un double réseau pour l’eau de pluie et l’eau de ville qui ne doivent jamais entrer en contact, marquage des robinets avec la mention « eau non potable », mise en place de dispositifs de filtration, nettoyage des cuves tous les ans, etc. Pourquoi tant de contraintes ? Parce que l’eau de pluie n’étant pas potable, le législateur se doit d’encadrer des pratiques de recyclage qui, partant d’un bon principe mais mal mises en œuvre, pourraient faire courir un risque sanitaire aux consommateurs. Enfin, signalons qu’il faut déclarer en mairie le volume d’eau de pluie utilisé dans la maison afin de s’acquitter de la taxe de traitement sur les eaux usées (dans le cas où l’habitation est raccordée aux égouts).
Les systèmes de récupération des eaux de pluie vont d’une simple cuve extérieure de 200 litres à tout un dispositif complexe de collecte et de distribution : cuve enterrée, filtration, pompe, réservoir tampon et réseau séparé alimentant l’habitation. Dans ce cas, l’équipement, même s’il est soutenu par un crédit d’impôt, représente un budget élevé pouvant aller de 3 à 10 000 euros. Sa rentabilité, à moins d’une forte hausse du prix du m3, peut être à très long terme. Reste néanmoins l’intérêt écologique d’une telle installation et la volonté d’autonomie face aux « vendeurs d’eau ».

Lutter contre les fuites des réseaux

Les fuites dans les canalisations et réseaux de distribution représentent une perte de 30%. Ces fuites proviennent en majorité de branchements défectueux.

En France, chaque année, plus d’un milliard de m3 d’eau est gaspillé !

Pour économiser la ressource, l’État, les collectivités et les entreprises du secteur de l’eau travaillent à un inventaire et à un diagnostic des réseaux, ce afin de corriger ce gaspillage et viser un taux de perte de 15% . En France, le réseau de distribution d’eau potable compte 850 000 km : c’est donc un chantier colossal !

L’eau, élément essentiel à la vie, est aussi un élément incontournable de notre quotidien : l’eau fait intervenir des notions aussi diverses que la santé, l’hygiène, le confort ou le plaisir.
Se déplacer avec sa voiture, téléphoner, tourner l’interrupteur ou ouvrir le robinet sont des actes d’une grande banalité dans nos sociétés. Pourtant, l’eau n’est pas un bien de consommation comme un autre.
Reconnue comme le “ patrimoine commun de la nation ”, l’eau est une ressource vitale dont la responsabilité de la protection est partagée entre les instances publiques, les partenaires privés et les citoyens.  Sa préservation passe par une prise de conscience qui doit naître de l’accès à l’information du plus grand nombre.
Consommateurs très privilégiés, bénéficiant d’un accès à l’eau 365 jours par an, 24 heures sur 24, nous sommes aussi des citoyens dont la responsabilité est de comprendre comment l’eau est gérée afin de participer efficacement à sa gestion. De telle sorte, nous pourrons peser sur des choix faits en notre nom et pour notre bien.

Mon potager bio

L’eau peut être contaminée par des gestes auxquels on ne pense pas : par exemple utiliser dans son jardin des produits chimiques pour éliminer les mauvaises herbes, les insectes ou les champignons. On bouscule l’équilibre de la nature par l’élimination des insectes utiles, des plantes auxiliaires, on modifie la chimie du sol et donc sa qualité. La plante elle-même, que l’on croit protéger, est en fait affaiblie. Des conseils pour travailler en harmonie avec la nature ? C’est par exemple choisir les plants les mieux adaptés à son jardin, les plus résistants, faire des associations, varier les zones de plantation d’une année sur l’autre pour perturber les parasites, pailler les sols, apporter du compost, laisser des espaces non tondus pour les pollinisateurs… En accordant un peu de temps à son jardin on le connait mieux, c’est indispensable pour mettre en place une autre façon de jardiner !

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Dossier eau, l'or bleu du Pilat:
Ecriture: K. Chételat / E. Weiss-Bantoue
Photos : X.Pagès

 

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