ARTISAN DE SON TERRITOIRE

artisan

Installé depuis quatre années comme artisan-charpentier bois dans le Pilat, j’ai travaillé durant plus de vingt ans dans le secteur socioculturel. Loin de faire table rase de ce parcours, j’en ai tiré quelques expériences humaines individuelles et collectives, riches et porteuses de sens. C’est pourquoi, même si maintenant mon projet est à but lucratif, le moteur qui l’anime reste toujours l’humain. Ma devise pourrait donc être, l’économie au service de l’Homme au service du développement économique. C’est alors tout naturellement que je m’inscris dans une démarche d’économie locale.
Mais que peuvent signifier ces mots « économie locale » pour moi, artisan ? Ont-ils un sens à l’heure de la globalisation ? Peuvent-ils avoir une viabilité dans la recherche du toujours moins cher ? Sont-ils gage de qualité ? Correspondent-ils à une réalité territoriale ? Ces questions semblent bien écrasantes et complexes. Je vais modestement tenter de cheminer à travers trois pistes de réflexion qui font écho à ma pratique. En effet, travailler et s’inscrire dans l’économie locale c’est contribuer à la vitalité économique d’un territoire, c’est aussi tisser des liens avec des acteurs de proximité, c’est enfin connaître et valoriser les produits que l’on met en œuvre.
Mon activité et mon statut d’artisan sont intimement liés à la vitalité économique du territoire. Même si j’ai un peu de mal à en définir les limites strictes. En effet, je constate que, même si la grande majorité de ma clientèle réside sur le territoire du Pilat, nombreux sont ceux qui travaillent à l’extérieur des limites de celui-ci, en particulier dans l’agglomération lyonnaise. Par ailleurs, il m’est indispensable et vital de réaliser des chantiers en dehors du Pilat. La notion d’économie locale n’est donc pas toujours en corrélation avec le territoire du Parc. Cela n’aurait d’ailleurs pas de sens et ne correspondrait pas à une réalité économique. Ce serait comme porter fièrement (ou naïvement) un étendard sans voir ce qui se passe à côté de chez soi. Bref, par mon installation dans le Pilat, je contribue au développement économique local, mais je dois aussi prendre en compte les interactions entre les territoires. C’est pourquoi j’interviens aussi sur des bassins de vie tels que le Pays roussillonnais, la vallée du Gier et l’agglomération d’Annonay. Qui a dit que ce n’était plus du local ?
Participer à l’économie locale c’est aussi connaître la traçabilité et l’origine géographique du bois mis en œuvre. Il n’est pas nécessaire d’aller chercher du bois au bout du monde. Les bois locaux offrent des caractéristiques très intéressantes, et sans traitement, à partir du moment où les principes de mise en œuvre sont respectés. Sapin, douglas, mélèze, 

hêne, châtaigner, robinier, cèdre... On devine aisément ici le bénéfice pour la santé de la filière bois du Pilat et tous ses acteurs. Mais il s’agit aussi d’une démarche écologique et durable. L’une des questions principales que je me pose dans l’élaboration d’un chantier c’est : quelle sera l’empreinte écologique réalisée ? L’utilisation de bois locaux contribue à la réduire de façon significative ; ceci par la réduction d’émission et le piégeage de CO2, par l’utilisation de matériaux renouvelables et par la gestion et la régénérescence de nos forêts. Oui, finalement, agir sur l’économie locale c’est aussi aider à préserver l’environnement.
Enfin, l’économie locale reste pour moi indissociable du lien que l’on tisse avec les acteurs locaux. Mon activité passe par de bonnes relations avec mon réseau de partenaires que sont les fournisseurs, les sous-traitants, les institutions, principalement implantés dans le Pilat. Cette proximité contribue à instaurer des relations stables et sincères. Il en va de même avec mes clients. La proximité géographique développe de la confiance, de la disponibilité, de l’échange... Nous nous voyons en vrai ! Nous nous connaissons. Nous sommes reliés.
L’identité d’un lieu se construit à travers les hommes, leurs histoires, ce qu’ils construisent. C’est pourquoi l’Homme doit être au cœur de la question économique. J’ose même prétendre que l’enjeu de l’économie locale ne se cantonne pas uniquement à des préoccupations économiques, mais se situe dans des dimensions sociales et humanistes. Mais je ne suis qu’un simple...artisan, qui fait sa part.

Ali Kefif

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