LA PASSION D'UNE VIE

passionFier d’être un bucheron...
À la question : « Quel métier voudras-tu faire quand tu seras grand ? », je répondais : « Marin ou bûcheron ». Et, quand on habite dans les monts du Forez, versant ouest…
Alors, dès que j’ai pu gagner ma vie, je me suis fait embaucher par un débardeur à Clermont-Ferrand en devenant, ainsi, le plus jeune chauffeur de tracteur forestier du département. J’ai travaillé sur de grandes coupes à blanc pour faire des charpentes, des poteaux et du papier, sur une coupe de 250 hectares de chênes, replantés depuis en résineux pour la fabrication de traverses ou pour la menuiserie, mais aussi sur de petits chantiers pour des scieries locales, nombreuses à cette époque.
En 1963, mes deux frères et moi créons notre propre société dans le Pilat et, pendant 22 ans, nous serons entrepreneurs forestiers : abattage – débardage pour des scieries, des négociants ou des particuliers.
Au cours de ces 22 années, j’ai vu tant d’arbres partir pour l’étranger… De beaux chênes vers l’Allemagne pour des meubles haut de gamme, d’autres vers la Grèce pour du parquet, des hêtres, des sapins, des peupliers vers l’Italie…
En 1985, nous cessons notre activité et nous consacrons à « la ferme du Prince » à Colombier, et, comme nous avons gardé un tracteur forestier, nous participons au dégagement des routes et chemins encombrés par tous ces arbres victimes de la tempête en 1999…
Aujourd’hui, je suis installé dans une petite ferme de Graix, et mes presque 17 hectares de bois sont l’objet, depuis ma retraite, de tout mon temps libre et de toutes mes attentions.
Après tout, le bois m’a accueilli au premier jour de ma vie en se faisant berceau et il sera là aussi pour le repos éternel…
Mais, d’ici là, mon objectif est de travailler afin que cette plantation devienne, à terme, une futaie irrégulière en régénération naturelle… Objectif dont je ne verrai pas la finalité mais peu importe puisque mon rêve, c’est de voir s’étendre les futaies irrégulières avec de grands arbres, des moyens, des petits et des semis de quelques centimètres. Des forêts vivantes qui produisent de beaux arbres et de quoi faire vivre des familles, des forêts aménagées pour recevoir promeneurs, ramasseurs de champignons, chasseurs pourvu qu’ils soient tous respectueux de sa beauté et soucieux de son avenir…
...soucieux de nos forêts
Aujourd’hui, nous avons toujours du bois et l’exportons toujours… et c’est ainsi qu’un de nos arbres peut parfaitement être expédié en Chine et nous revenir en Ikea… Où est la logique dans tout ça ? Je n’en vois qu’une : celle des économistes de la très haute finance.
Bien sûr, il y a des aides mais les transformateurs qui restent sur le territoire, outre les problèmes dus à la concurrence, ont des difficultés d’approvisionnement du fait du morcellement de nos forêts.
Et que penser de ces politiques actuelles qui favorisent l’exploitation des bois énergie au détriment de l’avenir de la forêt ? Pour ma part, je crains que nos forêts ne soient bientôt plus que des bois sans valeur.
Et pourtant le bois est partout, la table où l’on mange, les chaises sur lesquelles on s’assoit… jusqu’au papier où j’écris.
Dire que si toutes nos surfaces forestières étaient en état de produire, nous pourrions disposer de 50 % de plus de bois sans hypothéquer la production avenir et en créant de l’emploi. Car, même si ce travail ne porte ces fruits que 20, 30, voire 40 ans plus tard pour des résineux, le double pour des feuillus, une fois productive, une forêt de 50 hectares peut faire vivre une famille, à condition de s’en occuper soi-même.
Le bois est indispensable pour l’humain, pour les animaux, pour la planète… Alors, occupons-nous-en intelligemment.
Respectez-le, aidez-le et il vous le rendra !
Jean-Louis Royet

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