LA FORÊT DE TAILLARD

taillardLa forêt de Taillard qui culmine à 1 382 m au mont Pyfarat, au sud de Saint-Sauveur-en-Rue, fut d’abord une hêtraie avant de devenir une sapinière, d’où peut-être son nom - déformation de « fayard », le nom du hêtre dans le Pilat. Aujourd’hui, cette forêt de production fournit de belles grumes ce qui ne l’empêche pas d’abriter de nombreuses espèces végétales et animales protégées. Ainsi, avec la présence remarquable de l’Asaret d’Europe (Asarum europaeum) : une plante rare dans le Massif central, qui pousse dans les bois humides et que l’on rencontre dans les vallons du versant nord de la forêt. Ou encore avec la chouette de Tengmalm : une espèce relique de la dernière période glaciaire, qui recherche les massifs forestiers aux climats rigoureux. Le grand corbeau est également représenté : on le trouve sur le seul site rupestre de la forêt, le rocher de la Garde (sources : DREAL Rhône-Alpes). Enfin, dans cette forêt, le sapin géant de Taillard, vieux de 200 ans, avec une circonférence de plus de quatre mètres à hauteur d’homme, grimpe jusqu’à 49 m.
L’exploitation de cette forêt a aussi une particularité. En effet, en 1061, son propriétaire Arthaud d’Agental fait des habitants de Taillard-Pierre-Ratière ses héritiers. Il voulait que les habitants de son fief puissent profiter de ses terrains et de ses bois pour se chauffer et se loger. Une fois par an, les affouagistes, par un système de tirage au sort, devenaient propriétaires d’un lot d’arbres numérotés sur pied. Ils pouvaient selon leurs besoins les couper eux- mêmes ou les revendre aux scieurs de la commune, qui se mettaient d’accord sur la valeur du lot.
Aujourd’hui, un habitant de Saint-Sauveur-en-Rue dont l’habitation dépend de l’héritage d’Arthaud d’Argental est toujours un ayant-droit et donc peut prétendre à la coupe de l’affouage. Les héritiers sont organisés en section syndicale. Une commission syndicale élue par les électeurs de la section décide des coupes de bois et répartit la somme correspondante entre les affouagistes sous forme de virement après déduction des charges d’entretien qui pèsent annuellement sur la forêt.
L’ancienne équipe de cette commission syndicale était farouchement opposée au projet éolien participatif sur les hauteurs de la forêt, les Ailes de Taillard. Lors des dernières élections, en octobre 2014, la majorité de la commission syndicale a été renouvelée et apporte son soutien à ce projet.
La forêt de Taillard a fait vivre cette région, directement ou indirectement : les charpentes des maisons, l’Hôtel de Ville, l’école, les routes... Aujourd’hui, les « Piquatioux d’ânes »* savent aussi faire pousser des arbres d’un genre nouveau pour le bien collectif.
*Surnom donné aux habitants de Saint- Sauveur-en-Rue
PhCh

Entretien réalisé auprès de Pierre Roux, membre de la commission syndicale. Il nous a permis de découvrir l’excellent LOU SAN SERAO, journal collectif diffusé il y a 20 ans à Saint-Sauveur.

Pour Saint-Sauveur, Taillard est le Bon Dieu
Vous le trouverez partout, dehors, au coin du feu.
Taillard est le chemin, Taillard est cimetière
Il a fait le clocher, des ponts sur la rivière (…)
Il ne se mêle pas de politique :
Il a servi les rois, il sert la République.
Faire du bien à tous, voilà son idéal
Celui du donateur, le baron d’Argental
P. Courbon, 1905

Commentaires   

0 #1 QUIBLIER Jean 23-01-2015 20:31
Modifications:
Aujourd’hui, les « Piquatioux d’ânes »* ce sont
les « Piquatios d’ânes »

LOU SAN SERAO, (journal)
Le journal se nommait LOU SAN SEVAO
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