LA POMME DANS LE PILAT

vergers pélussin

Dans les fermes du Pilat se côtoyaient traditionnellement légumes, céréales, vergers et vignes, ainsi qu’un petit cheptel mixte de vaches, chèvres, cochon et volaille. Avant que ne se développent les vergers modernes que nous connaissons, les fruitiers poussaient le plus souvent en plein champ ; on récoltait des pêches, des poires et bien sûr des pommes avec des variétés anciennes comme la martel, la cannelle ou encore la double-rose. La diversité de cette agriculture destinée avant tout à l’autoconsommation et, ensuite, à la vente directe (à la ferme ou sur les marchés) disparaît dans l’immédiate après guerre lorsque débute notre histoire.

De l’organisation à la spécialisation d’une filière

L’agriculture connaît dans la seconde moitié du XXe siècle une profonde mutation dont les conséquences sociales, économiques et paysagères marqueront profondément le pays.
vergerL’idée de se réunir et de mettre en commun leur savoir-faire apparaît chez des agriculteurs qui s’organisent alors dans des structures comme les CETA, des centres d’études techniques agricoles. Celui de Pélussin a été créé dès 1951. Ces organisations ont largement contribué à faire évoluer l’agriculture vivrière traditionnelle vers une agriculture moderne et intensive.
Ce sont sur les terres pélussinoises de Joseph Boucher que sera plantée en 1954 la première haie fruitière à haute densité. Quelques années auparavant, Aurel Juthier avait inauguré avec ses poiriers une forme d’intensification de production.

Dès lors, le paysage va beaucoup changer : là où autrefois on dénombrait un maximum de 200 arbres à l’hectare, le nombre passe à 2 000 arbres dans les années 60. À cette époque, en parallèle à l’organisation professionnelle des agriculteurs, deux facteurs essentiels au développement de l’activité font leur entrée : le tracteur et l’irrigation (voir encart ‘De l’eau !’). Progressivement, les parcelles se spécialisent et poiriers et pêchers sont abandonnés, en raison d’un marché en baisse pour les premiers et d’une culture très délicate pour les seconds.


Ce n’est que très tardivement, et alors qu’une première expérience s’était soldée par un échec en 1953, que se met en place une coopérative. Nous sommes alors en 1989. Neuf mois ont été nécessaires à la mise en place de cet ambitieux projet qui allait permettre à 27 agriculteurs de se regrouper et trouver ensemble des débouchés à leur production fruitière. On assiste alors aux premiers pas de la fameuse « pomme du Pilat ». Aujourd’hui, la coopérative des Balcons du Mont-Pilat se charge du tri, du stockage, du conditionnement et de la commercialisation des fruits : elle vend la moitié des pommes cultivées sur le versant. Le point fort d’une coopérative repose sur la mutualisation des efforts et des moyens de conservation de la production. Quelques arboriculteurs novateurs font entrer dans les esprits l’idée d’une chambre de stockage à atmosphère contrôlée. Les fruits ainsi stockés peuvent être conservés toute l’année, là où un simple frigo ne permet pas de dépasser le mois de mars.

(Calibrage électronique des fruits à la coopérative des Balcons du Mont Pilat)

calibrage de la pomme      président coopérative

                                                 (Daniel Rivory et Georges Blanc, anciens présidents de la coopérative)

 

Une renommée à établir

À l’échelle nationale, la production de pommes dans le Pilat est très modeste. Les pomiculteurs vont pourtant réussir le tour de force de faire connaître cette pomme aux qualités gustatives reconnues.
« Nous devions créer un lien affectif avec le consommateur » rapporte Daniel Rivory. Les arboriculteurs comprennent qu’ils doivent tirer partie de la situation géographique : l’image forte du parc naturel peut valoriser la pomme du Pilat.

Les premiers travaux dans les années 70, pour faire reconnaître la pomme comme un produit de qualité, se concentrent sur la rédaction d’un cahier des charges, puis la création d’une marque. Ensuite, la presse est convoquée mais sans le succès escompté. La pomme du Pilat ne parvient toujours pas à sortir de ses modestes frontières. Les arboriculteurs ont alors l’idée d’organiser une manifestation au cours de laquelle le grand public pourrait découvrir le fruit emblématique. En 1979, la première fête de la pomme est organisée à Pélussin : plus de trois mille personnes se déplacent pour l’événement, marquant le début d’un succès jamais démenti chaque 11 novembre.
fete de la mome (v.yi)

Une autre voie pour démarquer la pomme du Pilat consisterait à obtenir le label européen d’indication géographique protégée, IGP, qui permet de déterminer l’origine d’un produit agricole. À ce jour, le dossier n’a toujours pas abouti. Les producteurs adhérents de la coopérative peuvent néanmoins se féliciter d’avoir obtenu la certification ‘production fruitière intégrée’ (voir encart ‘Des vergers éco responsables’) signe de leur bonne volonté sur les questions de protection de l’environnement et de sécurité alimentaire.

Des vergers éco responsables dans le Pilat

Depuis quelques années, tous les arboriculteurs réunis dans la coopérative des balcons du Mont-Pilat se sont engagés dans une démarche respectant le principe de la production fruitière intégrée (PFI).
eco responsable
Aujourd’hui, un logo permet de reconnaître les pommes issues de vergers éco-responsables. Cette charte qualité repose sur trois engagements :
environnemental pour la traçabilité des produits et le contrôle des traitements
social pour le respect des travailleurs,
économique par les offres d’emploi que proposent les arboriculteurs et par la pérennité des vergers français.

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Commentaires   

0 #1 finet baron 09-03-2014 10:52
Bonjour, Pélussin est un beau village ou je suis née place des croix, étudié et travaillée. La D63 est la route conduisant au viaduc, quant au bison nous en trouvons également dans le puy de dome , département 63
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