Les pommiers souffrent principalement de la tavelure et de l’oïdium, deux maladies cryptogamiques (causées par des champignons). Pour y remédier, l’arboriculture conventionnelle a recours aux pesticides et aux fongicides. L’arboriculture biologique en utilise également avec la bouillie bordelaise et les solutions à base de soufre par exemple. Cependant, leur emploi, loin d’être anodin en terme de pollution des sols, est limité à une certaine quantité à l’hectare. Des traitements à base d’argile, d’huile, d’algues ou encore de tisanes de plantes permettent en complément des solutions traditionnelles de protéger les arbres des maladies. Romain Juthier du GAEC aux Mille Fruits a suivi une formation en phytothérapie. L’objectif PESTICIDES POMMESest de favoriser les défenses naturelles de l’arbre par l’utilisation de décoctions, de fermentation ou d’infusions de plantes. Les plus courantes sont les purins d’orties et de consoude, fertilisants ; la décoction de prêle, efficace contre les maladies à champignon ; ou encore la décoction d’ail contre les acariens. En France, il est interdit de commercialiser des produits à effets phytosanitaires s’ils n’ont pas obtenu d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Tout agriculteur est susceptible de voir sa production détruite en cas de non respect. Pour Jean-Luc Juthier, qui joue la carte de la transparence par rapport à son utilisation de produits sans AMM, le label AB est dans une situation inconfortable : « L’huile de neem, par exemple, a montré une efficacité dans la lutte contre les pucerons, mais il n’a pas d’autorisation officielle. Or, des producteurs de fruits biologiques l’utilisent, les contrôleurs du label AB le savent mais outrepassent la législation en reconduisant la certification. » La résistance qu’opposent les « agribio » débouchera-t-elle enfin sur un assouplissement de la législation pour ces traitements alternatifs ?
Les pommiers sont également attaqués par des pucerons, des vers, des araignées rouges… L’arboriculture conventionnelle va utiliser contre ces parasites des insecticides et, depuis quelques années, ce que la bio avait déjà mis en place : la confusion sexuelle. Ce sont des diffuseurs de phéromones (le parfum hormonal des papillons femelles) que l’on installe dans les arbres. Cela va perturber l’accouplement et limiter le nombre d’œufs, donc de chenilles, lesquelles sont gourmandes de boutons floraux.
Toujours dans le domaine des traitements pour préserver la production des pommes, certains arboriculteurs ont opté pour la lutte intégrée. Ce sont divers moyens de contrôle et de traitements croisés (physiques, chimiques et biologiques) qui permettent de limiter le recours aux produits phytosanitaires. L’objectif est de favoriser les mécanismes naturels de protection ainsi que de réduire les risques pour la santé humaine et l’environnement. Pour aider les agriculteurs à mettre en place la lutte intégrée, le ministère de l’Agriculture a développé une plateforme de recherche. Il s’agit du plan Eco-phyto qui encourage les expérimentations de pratiques et de systèmes de cultures économes en pesticides. La faisabilité de ce plan trouve son application dans le réseau de fermes DEPHY auquel participe le GAEC aux 1000 Fruits.

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