L’ÉCOSYSTEME,UN ALLIÉ DE L'ARBORICULTEUR

larvecarpoLa lutte contre les insectes ravageurs a toujours été un enjeu majeur de l’arboriculture biologique. Il y a 30 ans , il n’était pas rare qu’une récolte soit anéantie par une pullulation de pucerons ou de carpocapse. Aujourd’hui, si tant est qu’on soit vigilant, les impasses techniques sont extrêmement rares et il existe une ou plusieurs solutions à tous les problèmes.
La première des solutions contre les insectes ravageurs, ce sont les insectes auxiliaires. Il s’agit donc de créer un climat et un écosystème favorable au développement de ces prédateurs (coccinelles syrphes...), d’où un enherbement important dans les vergers bios, la présence de haies composites avec des arbres qui peuvent constituer des refuges comme le noisetier. Cette aide animale est importante, mais malheureusement insuffisante, car les premières fondatrices de colonies de pucerons sont présentes dès la fin de l’hiver, bien avant l’arrivée des auxiliaires. C’est à ce moment-là qu’on a recours aux préparations à base de plantes. Le meilleur insecticide bio est l’extrait de neem, issu du margousier, et on complète depuis quelques années avec une ou deux pulvérisations d’huile essentielle de citronnelle de java. Nous arrivons ainsi à contenir les attaques.
Concernant le carpocapse, le fameux ver de la pomme, nous tentons, grâce à des milliers de diffuseurs de phéromones installés dans toutes les parcelles, de perturber la reproduction de ce papillon. Cela, couplé avec des pulvérisations du virus de la granulose (carpovirusine), au moment des pics d’éclosion de larves, nous permet de limiter le nombre de fruits verreux aux alentours de 5 %, ce qui est tout à fait raisonnable.
Il existe ensuite un certain nombre d’autres ravageurs, dits secondaires, mais qui peuvent parfois faire de gros dégâts : chacun a son insecticide naturel ou son insecte auxiliaire.
L’anthonome va s’éliminer dans l’hiver avec du pyrèthre, un insecticide botanique. Celui-ci n’est pas dommageable aux abeilles ni aux larves de coccinelles, mais peut quand même affecter un grand nombre d’insectes bénéfiques. L’avantage de cet insecticide naturel est qu’il élimine les fondatrices de puceron.
L’hoplocampe, nous le traitons avec un piège, un rectangle blanc de 15 x 20 cm qu’on enduit de glu. Contre la chenille, nous utilisons un insecticide bio, le bacillus thuringiensis. Malheureusement, l’équilibre naturel est fragile et chaque intervention humaine ou animale peut le modifier. On peut prendre pour exemple l’entrée sur notre sol de la drosophila suzuki en 2009 qui cause des dégâts énormes dans les cultures de fruits rouges. Chez nous, il n’y a encore aucun problème, mais la vigilance s’exige à chaque instant. Pour la contrecarrer, nous utiliserons alors une substance sécrétée par une bactérie, le spinosad.
Romain Juthier
Arboriculteur bio à Maclas

sur Facebook La Ferme aux mille fruits
des infos sur la pomme bio :
http://eap.mcgill.ca/ab_ind.htm
www.pommes-bio.com

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