VEAUX, VACHES, COCHONS, POULETS...

veuxvachesL’objectif, depuis 1945, de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture est d’« aider à construire un monde libéré de la faim ». Or, la productivité agricole et la sécurité alimentaire sont menacées en raison des effets du changement climatique : conditions météo en mutation et essor de parasites et maladies. Sur les épaules du monde agricole repose ainsi un double challenge : nourrir le monde et veiller à ne pas aggraver une situation environnementale déjà préoccupante.
Arrêtons-nous sur la seule question de l’élevage.
La population mondiale dépassera les 9 milliards en 2050 et la FAO indique que la production de viande devra doubler et ainsi atteindre 470 millions de tonnes. Quand on sait que l’élevage est aujourd’hui à l’origine de 14,5 % des émissions de gaz à effets de serre, on se dit que la planète a encore de quoi chauffer. Responsables : l’industrie de la viande qui invente des fermes usines ; le système agricole, à qui on demande toujours plus de productivité ; nos modes de consommation, enfin, avec notre régime super carné. 76 kg de viande passent en moyenne chaque année entre les molaires d’un habitant des pays dits développés de notre planète. En France on fait encore mieux : 250 g de viande chaque jour.
Quelles sont les conséquences de ce besoin frénétique de viande et sans cesse en augmentation ?
Pour nourrir les animaux destinés à l’abatage (ou à la production de lait), il faut des céréales et donc toujours plus de terres : pour produire 1 kg de viande, il faut 7 kg de céréales. L’augmentation des surfaces cultivées coûte cher à la planète : déforestation, recours aux OGM et pesticides, destruction de la biodiversité. Greenpeace affirme que plus des 3/4 de la forêt amazonienne sont détruites par l’élevage bovin. Bœuf qui finit parfois dans nos assiettes (25 % de la viande de bœuf consommée en France est importée).
Soulignons aussi la pollution des sols et des cours d’eau (nitrates, antibiotiques, engrais, pesticides, etc.), ou encore le besoin en eau de l’industrie de la viande : pour produire 1 kg de bœuf, il faut plus de 15 000 litres d’eau contre seulement 300 litres pour 1 kg de pommes de terre !
Veaux, poulets, agneaux ou cochons payent cher notre désir de viande. Que dire en effet des conditions de l’élevage intensif et de la souffrance animale souvent méconnus du grand public ? ou peut-être volontairement ignorée malgré les images insupportables qui circulent sur la toile et aux journaux télévisés ? Manger de la viande serait donc tellement ancré dans nos comportements que nous ne voyons rien ? De nombreuses études ont montré que la consommation de produits d’origine animale n’est pas indispensable à notre santé, surtout dans nos modes de vie sédentaire.
Vous ne voulez pas devenir végétarien ? Mais vous serez peut-être d’accord pour revoir à la baisse votre portion de viande, et surtout consommer une viande produite localement. Et nous sommes gâtés en la matière, dans le Pilat. Elle va couter 10 € le kg au lieu des 4 € que facture le supermarché ? Sans doute, car, question productivité, le petit éleveur ne peut pas rivaliser avec la concurrence industrielle qui engraisse les animaux pour réduire les temps de production et donc baisser les couts. Au lieu du toujours plus, on devrait exiger le toujours mieux : moins de quantité, mais plus de qualité. Et les petits producteurs l’ont déjà compris, chez eux pas de crise de la filière, pas de bonnets rouges bretons (et plus récemment roses) qui meurent d’un système absurde. Soutenir une agriculture paysanne, cela semble à notre portée. S’il faut un exemple, celui de la Ferme des Chartreux va sûrement vous donner envie d’aller à leur rencontre, comme l’a fait La Pie...

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