L'AGRICULTURE PAYSANNE : LA QUALITÉ FERMIERE

ferme chartreux01« À Sainte-Croix-en-Jarez, aime à rappeler son maire, on a deux grandes richesses : notre agriculture et la Chartreuse ». Cette observation est illustrée par une famille d’agriculteurs dont la ferme était installée à l’origine dans l’enceinte du monastère. En 1958, les Chataignon déménagent l’exploitation non loin de là, dans l’ancien moulin des Chartreux.
C’est ici que La Pie est allée à la rencontre de David Chataignon qui est associé à ses parents, Paul et Huguette, au sein du GAEC de la ferme du Moulin des Chartreux. À ses côtés, Clément Girardet, futur associé, travaille déjà à la ferme. Il apprend auprès de Paul, qui lui transmet ses années d’expérience avec beaucoup de pédagogie.
« Nous avons chacun nos propres domaines d’activités dans la ferme, explique David, mais cela ne nous empêche pas d’être très polyvalents. Je m’occupe de la fromagerie, des abeilles et de la partie traiteur. J’ai toujours eu ce gout pour la cuisine et la transformation. J’arrive aujourd’hui à me faire plaisir en conciliant ces deux passions ! »
« En ce qui me concerne, poursuit Clément, je viens donner aussi des coups de main dans les cuisines, mais mon travail se passe principalement dans la porcherie, la chèvrerie et les poulaillers. »
« J’ai eu ma première ruche à 13 ans, se souvient David. C’est mon grand-oncle qui m’a tout appris. Aujourd’hui, la passion est toujours là et j’en ai fait une activité de la ferme. Nous avons environ 35 ruches en production. Ici, nous n’avons pas de soucis avec les pesticides, car autour de Sainte-Croix nous n’avons pas de grandes cultures, pas d’arboriculture ou de vigne qui sont souvent source d’intoxication des abeilles. Nous avons comme tous les apiculteurs le problème du varroa qui est la grande maladie des ruches. Et puis la météo n’a pas été favorable au printemps. On est touché par la fièvre d’essaimage et on a passé du temps à courir derrière les abeilles ! »
« Avec le lait de nos chèvres, explique Clément, nous faisons de la rigotte de Condrieu en AOC. On nourrit nos chèvres exclusivement à l’herbe et deux rations de céréales par jour. L’hiver, elles mangent du foin, sinon on les sort dans les prairies fleuries. L’ensilage est interdit. On a une limitation au niveau des concentrés, cela signifie que l’on ne peut pas faire augmenter artificiellement la production. On améliore ainsi la qualité du lait. Nous n’utilisons pas de pesticides, pas d’engrais chimiques. Pour être au maximum autonome, on fait composter nos fumiers, on désherbe mécaniquement et on pratique la rotation sur nos terres. Par des méthodes naturelles, on essaye de limiter les mauvaises herbes… »
ferme chartreux02« La transformation des produits de la ferme, c’est vraiment un grand plaisir, confie David. Mon éthique, c’est de réaliser des buffets à 99 % à partir des produits de notre ferme : les œufs de nos poules, la farine de nos champs de blé Soisson, le lait de nos chèvres, le sucre (issu du miel) et les produits issus du porc. Et avec cela, il y a de quoi faire ! Par exemple la farine se retrouve dans le pain d’épice, dans la tourte fromage de chèvre-épinard, les petits toasts du buffet… Je réalise aussi dans mes vérines des associations de saveur où l’on trouve le croustillant de la chique de pomme, le moelleux de pain d’épice et le fondant du fromage de chèvre. Un délice ! »
« Pour nos porcs, précise Clément, on achète du tourteau de soja local et du maïs produits régionalement. Nous élevons seulement 120 cochons par an. On ne met aucun engrais chimique sur nos parcelles, on ne met que notre fumier, c’est aussi pourquoi nos porcs nous sont précieux !
La différence de prix entre notre porc et celui que vous trouvez en grande surface s’explique par le volume produit et la rémunération de l’éleveur. Un élevage de 25 000 porcs n’aura pas les mêmes coûts de production au kilo. Le goût non plus n’est pas le même ! »
Pour clore cet entretien, La Pie a voulu savoir si paysan était un métier d’avenir…
« Les agriculteurs qui éprouvent des difficultés actuellement, estime Clément, sont souvent dans une production peu diversifiée et dans des volumes importants. De plus, ils sont tributaires des intermédiaires qui sont peu nombreux ; par conséquent, il leur est difficile de négocier les prix et de parvenir à un prix de vente suffisamment rémunérateur. Mais ce n’est pas chose aisée que de modifier un système de production.
ferme chartreux03Chez nous, c’est très différent. Nous avons une clientèle locale, nous avons une grande diversité de bêtes, nous produisons une bonne partie de leur alimentation, nous effectuons nous même la transformation d’une majeure partie de notre production… C’est cela la recette pour s’en sortir dans le métier : l’autonomie, la transformation de nos produits et la vente directe. » Mais cela n’est possible que grâce au contexte local : tourisme, bassin de population important, magasin de producteurs…
« Agriculteur, c’est un métier d’avenir ! affirme David. Tant que les gens mangeront, le métier sera toujours là. C’est quand même nous, agriculteurs, qui produisons la nourriture des êtres humains : nous avons une lourde charge sur les épaules en terme de santé publique. C’est à nous de produire au mieux de meilleure qualité. Il faut vite arrêter de produire plus et n’importe comment. Les paysans peuvent très bien gagner leur vie en faisant les bons choix et en misant sur la qualité. Il n’y a que ça de vrai : la qualité. »
ferme-chartreux.fr

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