LES CHEMINS DU PILAT

chemin

Chemins et paysages font partie du bien collectif d’une région et concernent à ce titre le plus grand nombre. Ils sont source de rencontres et de partage. À l’origine antique et universelle voie de circulation, le chemin est devenu objet de loisir sur lequel se croisent piétons, cavaliers, cyclistes ou encore engins motorisés. Ainsi en va-t-il également dans le massif du Pilat, poumon vert des agglomérations stéphanoise et lyonnaise, et espace de détente pour beaucoup d’usagers dont les attentes sont souvent très diverses. Reste que la gestion des chemins de ce territoire fragile aux espaces naturels remarquables ouvre sur diverses problématiques : écologique, pour la préservation des milieux ; financière, pour leur entretien ; sociétale pour leur partage entre usagers.

Les chemins d’hier et d’aujourd’hui : quels usages ?
Les chemins du Pilat sont anciens, il y a vingt siècles les Romains les pratiquaient déjà. Axes de communication hérités des Gaulois ou nouvellement créés, ils avaient pour but de relier les versants.
On utilise encore aujourd’hui une partie de ce réseau pour circuler sur le territoire : les chemins se sont élargis pour permettre le passage de nos charrettes modernes et motorisées. Certains sont néanmoins restés en l’état de chemin, la randonnée est donc toujours possible sur d’antiques voies romaines (par exemple au lieu-dit la Guintranie, sur la commune de Pélussin).
Souvent empruntés pour exercer une activité sportive et de détente, les chemins n’ont pas qu’une fonction de loisir. Certains traversent le massif pour des raisons religieuses : l’un des chemins qui conduit à Saint-Jacques-de-Compostelle passe par le Pilat. On trouve aussi sur les sentiers des personnes qui arpentent le Pilat pour l’observation de la faune et de la flore, riches en cet espace préservé, quand d’autres vont à la découverte d’un patrimoine. Les chemins sont aussi empruntés par des gens qui travaillent et usent d’engins agricoles motorisés pour rejoindre vignes, vergers et prés.
cheminAu total, dans le Pilat, sur environ 3 500 km de chemins, plus de 2 000 km sont balisés et ouverts aux usagers, depuis le sentier de grande randonnée qui traverse le massif jusqu’à la modeste boucle de quelques kilomètres.
L’entretien de ce réseau, à la fois complexe et coûteux, est révélateur des choix politiques des élus. La mise en valeur des sentiers vise un double objectif : donner d’une part aux habitants du Pilat les moyens d’avoir des loisirs de nature et participer d’autre part au développement touristique de la région.

Chemins et tourisme durable
La marche est l’activité favorite des Français qui recherchent avant tout un cadre naturel propice à la détente et à la contemplation.  Le Pilat, grâce à la variété de ses milieux naturels, a de sérieux atouts pour l’essor d’un tourisme nature. L’idée est donc de mettre en place une offre écotouristique qui concilie tout à la fois les besoins de l’environnement, des résidents, des entreprises locales et des visiteurs.
Les élus au Parc ont porté leurs efforts sur trois points principaux : la création de brochures sur les possibilités de randonnées (des topo-guides et une trentaine de fiches rando), la mise en place d’un ensemble de panneaux indicateurs cohérents sur l’ensemble du territoire et enfin le développement d’une offre d’hébergement.

Des attentes variées et des conflits d’usage
Plus l’homme est présent, plus le risque de dégradation d’un milieu est fort et peut nécessiter un encadrement. Parallèlement, plus l’environnement est théorisé et encadré et plus la demande d’un certain niveau de service est importante de la part des usagers.
Marcheurs, cavaliers, cyclistes, naturalistes, motards, quadistes ou professionnels du tourisme vert, ils ont tous leur idée sur les chemins, ils ont tous des attentes spécifiques concernant leur entretien et leur aménagement. Ici, on entend que les chemins sont mal balisés ; là, qu’ils sont difficilement praticables en raison d’un défaut d’entretien (par exemple la végétation devenue envahissante) ou de la fermeture d’une portion qui passe sur un terrain privé. Certains espèrent un aménagement pour permettre l’accès au plus grand nombre, d’autres revendiquent l’intégrité des espaces naturels. Ailleurs on râle -à juste titre- en raison de détritus à proximité des zones de pique-nique, voire de décharges sauvages. Ici, les vélos et les véhicules à moteur dégradent le paysage en pratiquant le hors piste.
Attentes variées, on l’a vu, et entente pas toujours au beau fixe : entre les usagers des chemins, la cohabitation n’est pas forcément simple. Si l’on interroge les randonneurs, ils confient que les utilisateurs d’engins à moteur vont trop vite, font trop de bruit, polluent et dégradent les chemins, que les vététistes vont trop vite et ne font quant à eux pas assez de bruit… Inversement, les amateurs de motos ou de quads font valoir que leurs véhicules sont soumis à des normes en terme de bruit, par exemple. Ils opposent à leurs détracteurs qu’eux aussi polluent en se rendant en voiture sur leur site de randonnée. Quant aux propriétaires qui ont une portion de chemin sur leur parcelle, il leur arrive de s’estimer dérangés par le passage… Difficile de s’entendre quand on a une vision différente d’un espace nécessairement partagé.

La question des loisirs motorisés et les voies de la négociation
Il y a quelques années, le développement des activités de loisirs motorisés a occasionné des plaintes ; l’arrivée des quads (à partir de leur homologation en 2003) n’a pas arrangé une situation qui était déjà tendue malgré l’effort de négociation entre les parties. À l’immédiate proximité de grandes métropoles comme Lyon et Saint-Étienne, le Pilat, vaste terrain de jeu pour les sports nature, ne risquait-il pas de devenir la destination fétiche des pratiquants de 4x4, quads ou motos tout-terrain ?
Les loisirs motorisés sont au cœur d’enjeux multiples : impacts environnementaux, sociétaux, accessibilité et partage de l’espace.

Dans nombre d’espaces naturels, en France comme en Europe, cette question a donné lieu à des débats, parfois à des conflits.
Au début des années 1990, et pour faire suite à la loi Lalonde relative à la circulation des véhicules terrestres dans les espaces naturels, le PNR du Pilat souhaitait fermer tous les chemins à la circulation des motos et 4x4. De leur côté, des maires ont signé des arrêtés municipaux interdisant la circulation des véhicules motorisés sur les chemins de randonnées, s’opposant ainsi à la pratique d’une activité de loisir assez populaire sur le territoire. En réaction à ce qu’ils considéraient comme une atteinte à leur « liberté de circuler », les pratiquants de loisirs motorisés se sont mobilisés par la création de l’association « Pilat pour tous ». En réponse, d’autres citoyens se sont réunis au sein de l’association « SOS Chemins ». On note que, chez les adversaires comme chez les adeptes des loisirs motorisés, se pose la question de la destination du Pilat : « Veut-on d’un parc qui devienne le lieu de rendez-vous des ‘amateurs de moteur’ au détriment de l’environnement et de la tranquillité publique ? » questionnent les uns ou « veut-on faire une ‘réserve d’Indiens’ et négliger l’apport en terme d’emploi et de revenus d’une telle activité ? » interrogent les autres.
Les élus du syndicat mixte du parc ont souhaité que ces questions soient débattues au sein d’un comité chemin, constitué d’un large panel d’usagers des chemins. Y participent des élus des communes du Pilat, des représentants de l’État, de propriétaires de forêts, des sylviculteurs et diverses associations (cavaliers, randonneurs, vététistes, chasseurs, motards, entre autres). Même si la négociation s’avère délicate tant certains intérêts sont divergents, qu’il soit marcheur, sylviculteur, chasseur ou quadiste, chacun a droit à la parole au sein du comité chemin.

Commentaires   

0 #1 Benoit GARCIN 26-05-2014 11:11
bonjour,
merci de ce numéro que j'ai lu avec intérêt sur les chemins du territoire.
Ce petit mot pour signifier qu'il existe depuis près de 15ans le "Comité des Chemins Cointarands".
Cette association regroupe une vingtaine de bénévoles, actifs et retraités qui chaque mois nettoient, un tronçon de chemin cadastré de la commune de ST REGIS DU COIN.
En parallèle des actions de débroussaillage l’association rénove le petit patrimoine local, (remise en état des croix, construction de murs en pierre sèches, ...)
A ce jour l'association est sous la présidence de Yves MALOCHET qui travaille en lien constant avec les élus de la commune et les instances du PARC.
Je pense que ce type d'organisation de bénévoles au service des chemins est unique sur le PILAT à peut-être mettre en avant lors d'un prochain dossier sur les chemins.

A noter aussi que depuis 8 années sur ST REGIS le 3ème samedi de JUIN chaque année se déroule le trail nocturne des "étoiles de Gimel", course nature qui attire près de 500 coureurs et marcheurs, peut-être l'une des plus grosse manifestation de coureurs dans le PILAT avec le PILATRAIL.

Je reste à votre disposition pour tout complément d'information que vous jugerez nécessaire.
Bien cordialement,
benoit GARCIN
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