DE L'ITINÉRANCE À LA REDÉCOUVERTE DU CHEMIN

itinérence (Cassini)

Carte de Cassini du Pilat rhodanien (18ème siècle)

L’histoire du chemin
Au commencement, dans leur recherche de nourriture, les animaux sauvages ont tracé les premières pistes pour se déplacer. Plus tard pour survivre, l’homme nomade a utilisé ces traces d’animaux pour aller à la chasse, à la cueillette, ou encore pour fuir ou migrer. Les bergers mais aussi les guerriers ont emprunté ces itinéraires qui longeaient le lit d’une rivière, passaient au col entre deux sommets, suivaient le fond de la vallée, contournaient un lac, une zone marécageuse ou un relief trop escarpé.
Pour entretenir ces passages naturels, l’homme a dû construire, tailler, empierrer…c’est l’acte de naissance de l’histoire du chemin.
Au fil du temps, les paysans et les voyageurs ont façonné et poli ces cheminements pour conquérir de nouveaux territoires, pour découvrir des paysages ou pour aller à la rencontre d’autres peuples.
Souvent associés à la vie du village, ce sont ces chemins qui ont permis l’agriculture, le commerce, le transport et qui des millénaires plus tard, perdurent dans nos paysages.
C’est ce riche patrimoine laissé par nos ancêtres qu’aujourd’hui nous nous devons d’entretenir et de promouvoir pour continuer à échanger, à communiquer.
Ce goût du cheminement et de l’itinérance, souvent synonyme d’aventure, permet de retrouver ce mode de vie du temps des nomades.
L’homme, qui aujourd’hui est à la fois sédentaire et mobile, retrouve cette itinérance par le déplacement vers de nouveaux lieux dans un environnement naturel. Le chemin permet d’accéder à des horizons inconnus. Il est, pour l’usager, ce formidable trait d’union entre l’humain et le milieu dans lequel il vit depuis toujours.
Ce chemin ancestral, comment pourrait-il être supprimé, envahi, déplacé ? Il a survécu à toutes les vicissitudes du temps….il se doit d’être répertorié et sauvegardé.
Du chemin vers la carte
Dès lors qu’il ne se déplaça plus à l’aventure mais chercha à relier des sites par des parcours plus ou moins connus, l’homme a installé des jalons, a mesuré des distances, a pris des repères. Il a défini et dessiné des itinéraires pour les transmettre à d’autres.
Le premier dessin cartographique fut sans doute tracé dans le sable ou sur la terre par le bâton d’un nomade. Un vague message vite emporté par le vent... Quelques milliers d’années plus tard, pour explorer le monde, il a fallut inventer un système de représentation schématique et graphique. Lentement…les cartes sont nées.
Ce sont aujourd’hui ces cartes qui permettent de répertorier les chemins, de les découvrir, de les connaitre pour mieux les protéger.
C’est cette carte qui offre la possibilité d’aller au-delà du chemin, de s’aventurer au plus profond de la forêt…
La carte est pour le randonneur, ou le voyageur, le seul lien avec le paysage qu’il découvre à chaque nouveau pas. Elle n’est pas uniquement un objet de connaissance, c’est l’outil qui prolonge et qui accroit sa potentialité. Le cheminement parcouru est profondément dépendant de ce message qu’est la représentation graphique. Chaque moment du déplacement est perçu sensoriellement à la fois par les yeux, les oreilles, la peau, les muscles…et mentalement à travers la lecture de la carte.
Il existe alors une relation forte entre le chemin parcouru, le paysage observé, le créateur de la carte et son utilisateur.
C’est ainsi que la carte deviendra l’ami fidèle en ouvrant les portes de nouveaux chemins.
C’est cette évocation, synthétique et sans prétention, qui devrait permettre à chaque usager de repenser le chemin de ses ancêtres, le connaître, le protéger et l’embellir.
Michel Dévrieux

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