Article mis en ligne le 5 mai 2013

La rentrée est encore loin, pourtant le printemps académique la prépare déjà en définissant la carte scolaire 2013 qui répartit les postes d’enseignants supplémentaires, décide les ouvertures et les fermetures de classe.

école panneauQuatre communes du Pilat sont concernées par une mesure de carte scolaire dans les écoles publiques du premier degré (voir encart "repères") : l’école élémentaire de Saint-Paul-en-Jarez pour une ouverture, l’école primaire de Maclas et le regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de Roisey/Bessey pour des fermetures. Ces changements impliquent bon nombre de soulagements, d’inquiétudes et de questionnements, auxquels nous avons prêté l’oreille.

Quelques précisions...

Les écoles sont susceptibles de perdre un poste d’enseignant lorsque leur nombre d’élèves est inférieur à un certain seuil de fermeture, fixé selon le nombre de classes et la caractéristique de l’école: maternelle, élémentaire (du CP au CM2), primaire (de la maternelle au CM2), située en zone d’ éducation prioritaire ou pas. Le poste fermé est réaffecté à une autre école.

Les écoles peuvent prétendre à un poste supplémentaire lorsque leurs effectifs dépassent un seuil d’ouverture, plus élevé que celui de fermeture. Par exemple, une école primaire de 5 classes sur notre territoire perdrait un poste pour moins de 105 élèves au total, alors que 112 élèves au minimum seraient nécessaires à une réouverture.

Les effectifs retenus par l’académie ne tiennent pas compte des enfants de 2 ans 1/2, dont l’accueil est à envisager dans la limite des places disponibles, selon une circulaire académique.

Des seuils théoriques, dans les faits

À Maclas, la fermeture de poste intervient alors que l’effectif n’est pas sous le seuil de fermeture. Selon des parents et des élus, réunis pour défendre la 6e classe, l’école était en « zone d’observation », car proche des effectifs de fermeture ; comme l’Éducation nationale manque d’enseignants, ce sont des écoles ‘à la limite’ comme la leur qui  se sont retrouvées amputées d’un poste.

Un décalage entre les chiffres administratifs et la réalité des classes

De plus en plus, les enfants de 2 ans 1/2 font leur entrée dans les écoles maternelles : ce sont les ‘toutes-petites sections’. Les parents qui font ce choix estiment que leur enfant est ‘prêt’, ou souhaitent l’habituer progressivement au cadre scolaire. Parfois, ils le font par nécessité, car il n’y a plus de place disponible en crèche ou chez les assistantes maternelles.

Les modalités de cet accueil se discutent entre parents et enseignants.

À l’école de Roisey-Bessey, cette année, certains tout-petits sont venus d’abord 2 matins sur 4. Dans le courant de l’année scolaire, le rythme a atteint 4 demi-journées par semaine. D’autres tout-petits ont attendus le milieu de l’année pour faire leur rentrée.

Ces enfants, de par leur âge et leur énergie, demandent beaucoup d’attention aux adultes qui les entourent. S’ils ne sont pas présents tous les jours de l’année scolaire, quand ils sont là, ils comptent souvent plus ! C’est pourquoi, même avec la meilleure volonté, il est difficile pour les instituteurs d’envisager l’accueil de ces tout-petits lorsque leur classe comporte déjà 26 élèves. Cela se corse encore lorsqu’il y a plusieurs niveaux dans la classe, situation tout à fait fréquente dans nos petites communes. Ces tout-petits ne comptent que dans les effectifs de la classe, ils sont invisibles dans les moyennes, et la fermeture de la classe ne tient pas compte de leur nombre.

Les conséquences de ce décalage

cartablesÀ Roisey-Bessey comme à Maclas, on accueille les enfants de moins de trois ans. Avec ses prévisions d’effectifs pour la rentrée 2013, le RPI (voir encart ci-contre) Roisey-Bessey passe juste sous le seuil de fermeture, sans bien sûr compter les tout-petits. Si le 5e poste d’enseignant disparaît, c’est une classe unique de maternelle qui se profile, avec 4 niveaux ( de 2,5 ans à 5,5 ans) et plus de 30 élèves.

Idem à Maclas, où la directrice ne peut pas garantir l’inscription des enfants de 2 ans 1/2 à la rentrée 2013. Que feront les parents ? Ils inscriront probablement leur enfant ailleurs, ainsi que, parfois, leurs aînés, pour des raisons d’organisation. Quoi de plus compréhensible ?  Ensuite, il est probable que ces enfants continuent leur scolarité où ils l’auront commencée. Ils ne grossiront donc pas les effectifs des prochaines années à Maclas. La réouverture de classe paraît alors difficile à envisager...

À l’école de Roisey-Bessey, l’organisation de la prochaine rentrée n’est pas aisée compte tenu des effectifs prévus. Si 26 élèves sont attendus en moyenne par classe,  ils n’ont pas forcément l’âge adéquat pour fonctionner ensemble avec un même professeur... Moins il y a de classes dans une école, plus difficiles sont les marges de manœuvre. Les groupes ne sont pas modelables à l’envi, et on comprend que le confort de cette belle moyenne est tout relatif...

 « Cette année, il y a ‘un creux’ qui risque de se combler rapidement, car les deux communes sont loin de se désertifier », disent les parents d’élèves. « Une fois la classe fermée, il sera très difficile de la faire rouvrir. En attendant, les enfants se retrouveront dans des classes trop chargées. Cela encouragera les parents à inscrire leurs enfants ailleurs et n’ira pas dans le sens de la défense de l’école, et de l’école publique en général ».

L’école, un enjeu pour les petites communes

Dans leclasse vides petites communes aux toutes petites écoles, on entrevoit parfois avec la fermeture d’une classe celle de l’école. N’ y a-t-il pas quelque chose à défendre dans ces écoles de proximité ? Sans prétendre qu’elles sont mieux que les autres, elles ont un intérêt à exister avec leur singularité et leurs qualités.

Ces petits villages ne sont pas forcément des endroits de passage, on n’ y vient que parce que l’on a quelque chose à y faire. L’école est parfois, après la fermeture d’un commerce, le dernier lieu où les gens se croisent. On y rencontre des voisins qu’on ne prendrait pas forcément le temps d’aller voir sans raison. Il y a une proximité avec les enseignants, une convivialité entre parents du fait de la petite taille de l’école. Les élèves se connaissent entre âges différents, et le passage de la maternelle au cours préparatoire est souvent un détail. Les nouvelles familles y rencontrent les familles autochtones,  parents et enfants tissent des liens, apprivoisent cet espace commun, vivent dans leur commune et la partagent. Et les visiteurs apprécient de traverser un bourg vivant, habité,  pas un village dortoir.

 Si la fermeture survient, on ne va plus au bourg de son village, à moins qu’il n’ait la ‘chance’ d’être sur un axe de circulation. On croise moins les gens de sa commune. On s’y intéresse moins... Et on finit par ne plus vivre dans sa commune qui devient dortoir, qui n’est plus ni vivante ni partagée. La vie de notre quartier, de notre village est indissociable de notre qualité de vie. C’est notre biotope !

On se rend compte en questionnant les habitants qu’il n’est pas besoin d’avoir ses enfants à l’école pour être sensible à la fermeture d’une classe. Personne ne souhaite voir son cadre de vie se désertifier. Du moins pas à la campagne.

N. Follézou

Commentaires   

0 #1 damien 06-05-2013 23:23
Pour information... ce jour, Lundi 6 mai, l'école de maclas a vu les parents d’élèves qui luttent contre la fermeture d'une classe interdire l’accès de l'école au corps enseignant ainsi qu'aux élèves !
La journée ensoleillée s'est super bien passée ! Car tout était bien organisé et bien géré, les enfants ont passé leur temps à faire des jeux et des dessins dans le pré en dessous de l'école, on les a récupéré enchantés. En tant que parent, ça donnerai presque envie d'y retourner à l'école des jours comme ca...
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